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Violences conjugales : "Il est temps que de véritables moyens soient débloqués pour soutenir les associations"

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Publié le 30.03.2020 à 15h24 
(mis à jour le 30.03.2020 à 16h21)

Avec le confinement, les violences conjugales sont en hausse. Les associations réclament plus de moyens pour aider les victimes.

Les signalements pour violences conjugales sont en hausse de plus de 30% dans l'hexagone depuis le début de la crise sanitaire. Nous avons rencontré Ursula Le Menn, porte-parole de l'association Osez le féminisme !

LMDM : le confinement provoque une augmentation des violences conjugales : comment l’expliquer ?

Ursula Le Menn - Bien qu'il soit trop tôt pour bénéficier de données chiffrées, on peut tout à fait craindre une augmentation des violences durant cette période de confinement. En effet, la majorité des violences ont lieu au sein du foyer et le confinement ne fait qu'augmenter le temps de présence des potentiels agresseurs auprès de leurs victimes, accentuant par conséquent le risque de violence.

Sans solution de repli, les femmes et les enfants vivent alors sous une pression permanente. En temps normal, le travail, les sorties, les absences pour quelconque motif sont des moments d'interruptions des cycles de violence et ces moments n'existent plus en période de confinement. Enfermées 24 heures sur 24 avec leur agresseur, sans moyen de s’échapper, les victimes de violences masculines sont en danger, encore plus gravement que d’habitude.

Comment gérez-vous la situation concrètement ?

Osez le Féminisme ! n'est pas une association de terrain mais soutien l'action de tous les services de soutien et d'accompagnement des femmes victimes de violences masculines par un appui politique et militant.

Il est temps que de véritables moyens soient débloqués pour soutenir les associations dans ces temps de crise sanitaire, pour leur permettre d’accomplir leurs missions de protection et d’accompagnement, qui relèvent des missions de service public, dans des conditions sanitaires satisfaisantes.

Quels conseils donner aux femmes qui seraient victimes de violences conjugales en ces temps de confinement ?

Nous adressons notre soutien et notre solidarité à toutes les femmes et à tous les enfants qui vivent aujourd'hui dans la peur. Afin de pouvoir obtenir de l'aide sans se mettre en danger et lorsque cela est possible, plusieurs services d'accompagnement sont joignables par mail, c'est le cas notamment des CIDFF de plusieurs départements.

Il est également possible de contacter les services d'accompagnement par téléphone lorsque le conjoint est sorti. À ce titre, le 3919 est à nouveau opérationnel. Enfin, il existe la plateforme en ligne arretonslesviolences.gouv.fr qui permettrait d'être en contact avec les forces de l'ordre 24 heures sur 24.

La Garde des Sceaux a annoncé que le contentieux essentiel lié aux violences conjugales (ordonnance de protection, éviction du conjoint violent, audiences correctionnelles) continuerait à fonctionner pendant l’épidémie. L’éviction du conjoint ou père violent, assortie de mesures de protection, doivent être garanties pour protéger les victimes.

Si l'on suspecte des violences dans notre entourage, comment réagir ?

Osez le Féminisme ! encourage toutes les personnes confinées chez elles à faire preuve de vigilance solidaire en direction de leurs voisines et à ne pas hésiter à contacter le 17 pour signaler des faits de violences psychologiques, sexuelles, physiques, contre des femmes ou des enfants.

à noter

L'association Osez le Féminisme ! a pour objectif de dénoncer les inégalités femmes-hommes dans tous les domaines et de contribuer à les éradiquer. Elle publie un journal et mène régulièrement des campagnes auprès du grand public. Dernièrement, l'association a lancé le site "Les Frangines", un guide féministe d’éducation à la vie affective et sexuelle à destination des jeunes filles.
Marion Cousin