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Vers une pénurie de dons de sperme ?

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Publié le 29.11.2021 à 11h06 
(mis à jour le 03.12.2021 à 11h59)

Une grande campagne sur les dons de gamètes vient d’être lancée : les demandes en spermatozoïdes explosent depuis l’ouverture de la PMA pour toutes.

Une demande croissante

Dr Claire De Vienne est médecin référente en AMP (assistance médicale à la procréation) à l’Agence de la Biomédecine. Elle explique :

« Aujourd’hui toutes les personnes qui demandent un don de spermatozoïdes font face à  une attente de consultation, car la demande a été ouverte il y a maintenant quelques mois. On a besoin de ressources humaines dans les hôpitaux, particulièrement dans les centres autorisés pour le don pour accueillir toutes ces femmes. »

Depuis l'ouverture à la PMA pour toutes, on compte 2753 demandes de consultation pour des couples de femmes ou des femmes seules. Si cela ne parait pas énorme au niveau national, c’est « 10 fois plus de demandes de don de spermatozoïdes qu’avant » précise Dr Claire De Vienne.

Un manque de diversité

Aujourd’hui, la France compte environ 800 donneuses d’ovocytes par an, alors qu’on ne compte que 300 donneurs de spermatozoïdes chaque année. Concernant la diversité des dons, Dr De Vienne précise :

« Il y a en stock des paillettes de spermatozoïdes pour les femmes, mais on manque de diversité parmi les donneurs. On manque de donneurs et de donneuses de toutes les origines. Parce qu’en fait il n’y a pas autant de diversité parmi les donneurs et les donneuses qu’il y en a dans notre société. Par exemple, une femme noire qui souhaiterait que la donneuse soit également noire, va être amenée à attendre beaucoup plus longtemps. Il manque des tous les profils : des donneurs et donneuses noir.es, asiatiques… Tous les profils sont attendus à bras ouverts ! »

Et la levée d’anonymat ?

La loi bioéthique a introduit un changement important en permettant la levée de l’anonymat des donneurs de gamètes, en permettant à l’enfant né d’un don de gamètes de connaître ses origines à sa majorité. Cela peut faire craindre une baisse des donneurs et donneuses, même si ce n’est pas ce qui est observé pour le moment, comme l’explique la médecin :

« On n’a pas de boule de cristal, on attend de voir. Ces nouvelles mesures seront en place à partir du 1er septembre 2022. À partir de là, tous les donneurs et toutes les donneuses devront signer un consentement d’accès aux origines. On a dès maintenant besoin d’expliquer qu’on a besoin de ces dons, on a besoin de reconstituer la stock. »

Qui peut donner ?

Toute personne en bonne santé peut donner, de 18 à 44 ans pour les hommes et de 18 à 37 ans pour les femmes. « Plus on le fait jeune, mieux ça marche, et l’on n’a pas besoin d’avoir déjà eu des enfants pour donner » précise Dr De Vienne.

Pour trouver le centre de don le plus proche de chez vous, consultez les sites Don d'ovocytes et Don de spermatozoïdes de l'Agence de la Biomédecine.

La rédaction de La Maison des Maternelles