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Une enquête nationale sur la maternité pour mieux accompagner les femmes

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Publié le 03.06.2021 à 14h19 
(mis à jour le 07.06.2021 à 09h43)

La grande enquête du Ciane « Je raconte ma maternité » s’intéresse au vécu des femmes pendant leur grossesse et dans les premières semaines avec bébé. Anne Evrard, co-fondatrice du collectif, nous en dit plus. 

LMDM - Pouvez-vous présenter rapidement le Ciane ?

Anne Evrard - Le Ciane est un collectif d’association de parents -une trentaine- qui interviennent dans la périnalité : du désir d’enfant jusqu’aux premiers temps avec l’enfant.

Vous lancez une enquête qui s’intéresse au vécu des femmes pendant leur grossesse. Pouvez-vous nous en parler ?

L’objectif de l’enquête "Je raconte ma maternité" est d’avoir une vision de ce qui fait ou pas sentiment de sécurité pour les parents sur l’ensemble du parcours, de la conception de l’enfant jusqu’à après le séjour en maternité. Avec l’idée de comprendre comment la sécurité d’une femme se construit -ou à l’inverse, ne se construit pas- dans tout ce parcours de maternité. L’enquête vise à repérer là où les femmes ont eu des difficultés. Le Ciane parle toujours de la parole des femmes. On veut repérer les « nœuds » qui ont posé problème. On va s’intéresser à tout ce qui a balisé la grossesse d’une femme : à la fois au niveau médical mais aussi au niveau personnel.

Vous allez vous intéresser spécialement au vécu les femmes enceintes pendant la pandémie ?

Comme l’enquête concerne les 5 dernières années, on pourra donc comparer s’il y a une différence entre celles qui ont vécu la pandémie et celles qui ont accouché avant. La pandémie a impacté toute la périnatalité : le suivi, la préparation à la naissance, l’accouchement, les suites de couches, les visites de post-partum…  Comme grosso modo cette période dure 10, 11 mois, on a tout le déroulé qui a été impacté sur l’année 2020-2021 pour les femmes. Elles ont pu avoir peur de voir leur suivi suspendu, de ne pas avoir accès à la préparation, leur coinjoint.e ne pouvait plus les accompagner lors des examens… Dans les accouchements, la place du père ou coparent a été restreinte voire inexistante. Dans les suites de couche, on a eu beaucoup d’endroits où l’accompagnant ne pouvait être présent… Ce qui remonte le plus c’est le sentiment de solitude.

Ce qui se passe dans l’anténatal est lié au post-partum ?

Oui : ce qui se passe dans le post-partum est lié en partie à ce qui s’est passé dans l’anténatal. Ce qu’on voudrait c’est de sortir du constat « Il y a beaucoup de dépression du post-partum » -on sait maintenant que la première cause de mortalité maternelle, c’est le suicide- et travailler dans l’anténatal pour que les femmes sortent de la maternité dans un état si ce n’’est aussi bon que celui qu’elles avaient en entrant, en tout cas pas dégradé, et même pour les plus fragiles, sécurisées et renforcées, donc c’est très concret. Baliser le parcours pour repérer les endroits où il faut aider, ou au contraire laisser les femmes faire. Notre idée c’est de pouvoir tracer en quoi le parcours vient soutenir, ou à l’inverse déstabilise les femmes dans leur approche de la maternité.

Participez à l'enquête nationale "Je raconte ma maternité".

Marion Cousin