france.tv

Une cicatrice sur l'utérus peut-elle empêcher l'implantation du placenta ?

3 min de lecture
Publié le 13.04.2021 à 09h48 
(mis à jour le 13.04.2021 à 14h52)

Une chirurgie utérine peut-elle empêcher, par la suite, la bonne implantation du placenta ? Réponse avec Dr Imane Ben Barek, gynécologue-obstétricienne à la maternité de l’hôpital Beaujon AP-HP à Clichy.

Evy a été opéré d'un fibrome utérin. Aujourd'hui dans un désir de grossesse, elle se demande si cette opération peut avoir des conséquences néfastes :

« J’ai été opéré d’un fibrome utérin, et je me demande si la cicatrice sur l’utérus peut empêcher la bonne implantation du placenta ? »

Dr Imane Ben Barek, gynécologue-obstétricienne à la maternité de l’hôpital Beaujon AP-HP à Clichy, explique :

« Toute chirurgie sur l’utérus -césarienne ou fibrome, par exemple- va créer une cicatrice sur l’utérus. Lors d'une grossesse, le placenta se nide de façon aléatoire. Cela arrive -rarement, heureusement- que le placenta se mette sur cette zone de cicatrice. Le placenta, au lieu d’envahir l’utérus correctement, va alors se fondre et y adhérer. Ce qui fait qu’au moment où le placenta doit sortir après l’accouchement, il a du mal à s’en détacher, il reste accroché sur la cicatrice. C'est ce qu'on appelle un placenta accreta. »

Qu'est-ce que le placenta accreta ?

On parle de placenta accreta lorsque celui-ci s'insère trop en profondeur dans l'utérus. Celui-ci est souvent dépisté à l'échographie, comme explique Dr Imane Ben Barek :

« L’échographie sert à dépister ce genre de chose. L’échographiste vous posera des questions : "avez-vous déjà été opérée, quand, etc ?" Quand on sait qu’il y a eu une chirurgie de l’utérus, on est un peu plus vigilant sur ce placenta, pour voir s’il n’y a pas ce qu’on appelle un placenta accreta. C’est-à-dire un placenta qui a beaucoup trop adhéré à cette cicatrice. »

Comment va se passer l'accouchement ?

Dans ces cas-là, le Dr Imane Ben Barek explique que la patiente sera adressée à un centre de référence, ayant des professionnels de santé spécialisés et les plateaux techniques nécessaires :

« Quand c’est comme ça on le réfère à un centre de référence, comme à Beaujon, où il y a un plateau technique adapté, où des chirurgiens, des gynecologues, des anesthésistes sont sensibilisés à la question, mais aussi un plateau technique de radiologie interventionnelle pour sécuriser cet accouchement. »

Cependant, Dr Imane Ben Barek se veut rassurante :

« Cela est rare aujourd’hui, mais malheureusement, plus on augmente le taux de césarienne -en France le taux reste stable- et donc de chirurgie utérine, plus cet événement sera fréquent. »

La rédaction de La Maison des Maternelles