france.tv

Triplés, quadruplés, quels sont les risques ?

3 min de lecture
Publié le 16.12.2020 à 18h40 
(mis à jour le 17.12.2020 à 17h38)

Les grossesses de triplés ou quadruplés sont des grossesses à haut risque. Le point avec Pr Salomon, gynécologue-obstétricien. 

Attendre un bébé est un évènement qui bouleverse une vie, il l’est encore plus lorsque les bébés arrivent par 3. C’est ce qu'a vécu Pauline, maman de Tom, Cléa et Zoé, 1 an et demi. C’est lors d’une échographie de routine que Pauline a appris être enceinte de triplés :

« Directement sur l’écran, on voit qu’il y a deux poches mais il s’oriente vers une des poches et me dit qu’il y a deux jumeaux. J’étais un peu choquée, c’était pas dans les plans. Après je lui demande si ce sont des faux jumeaux, parce qu’on voyait bien distinctement deux sacs. Il me dit que ce ne sont pas des jumeaux, que ce sont des triplés. Là je lui ai dit que ce n’était pas possible, qu’il s’était trompé, que ce n’était pas mon ventre ni mon échographie. »

La prématurité

Ces grossesses rares peuvent se dérouler de 3 façons différentes : la grossesse trichoriale qui voit chaque bébé avoir son placenta, la grossesse bichoriale où deux bébés partagent le même placenta, ou la grossesse monochoriale qui regroupe les 3 bébés dans le même placenta, mais qui est elle extrêmement rare. Quelles qu'elles soient, ces grossesses comportent un risque inévitable de prématurité :

« Le premier risque, c’est vraiment la prématurité. Toutes ces grossesses triples vont se terminer prématurées. Quand tout se passe bien, et qu’on arrive à atteindre 34, 35 semaines, les médecins vont décider de terminer la grossesse et faire naitre ces bébés, car de toute façon ils seront mieux dehors que dedans. C’est une petite prématurité. Deuxième complication, ce sont les complications vasculaires. Soit un retard de croissance, chez un ou tous les foetus. »

La question de la réduction embroyonnaire 

Lorsque ce type de grossesse se présente, il est proposé aux parents une réduction embryonnaire, comme explique Pauline :

« On nous a proposé plusieurs fois jusqu’au 3 mois la réduction embryonnaire, donc on en a beaucoup discuté avec mon conjoint. Il y a eu plusieurs aspects : on habite dans un petit appartement, l’éducation des enfants, les études. En ayant pris en compte les risques de la grossesse, on a pris la décision de garder nos 3 bébés. »

La réduction embryonnaire consiste à interrompre le développement de l’un des embryons, afin de « diminuer le risque de prématurité » comme l’explique le professeur Laurent Salomon :

« La décision de l’embryon qu’on va décider d’interrompre est toujours une décision qui se base plus sur l’aspect technique. On va prendre l’embryon pour lequel on pense que ça va le mieux se passer d’un point de vue chirurgical. »

Cette possibilité est systématiquement évoquée par l’équipe médicale, précise le professeur :

« On va montrer que c’est une possibilité pour les parents et on va la discuter en leur expliquant quel est le bénéfice médical attendu, quels sont les risques de cette réduction. C’est toujours une décision qu’on prend avec les parents, une fois qu’ils ont eu le temps de la réflexion, en pesant le pour et le contre. »

Le syndrome transfuseur-transfusé

À 24 semaines et 4 jours, Pauline, qui redoutait les complications de sa grossesse, a eu une mauvaise nouvelle :

« À l’échographie, j’étais plutôt sereine sur le syndrome transfuseur-transfusé, et c’est à ce moment-là qu’on découvre que mes filles en sont atteintes. C’est un peu difficile parce qu’on pense y avoir presque échappé. On me dit qu’il va falloir faire une intervention au laser in-utéro dans les 24 heures qui suivent. On a beaucoup de chance, nos enfants s’en sont sortis. »

Ce syndrome transfuseur-transfusé affecte uniquement « les grossesses monochoriales, lorsque deux foetus partagent le même placenta », comme ce fut le cas de la grossesse de Pauline. Le professeur Laurent Salomon définit ce syndrome comme un déséquilibre dans les échanges entre les deux foetus :

« Les deux cordons des foetus qui sont branchés sur le placenta sont toujours connectés par des vaisseaux sanguins, et il va y avoir des petits échanges de sang entre les deux foetus, qu’on ne maitrise pas du tout. Et parfois, pour une raison que l’on ignore, il va y avoir un petit déséquilibre dans ces échanges et l’un des bébés va avoir un petit peu plus de sang, plus de liquide amniotique. L’autre va faire tout l’inverse. »

Ce syndrome, qui « apparait très rapidement », est quasiment toujours traité correctement s’il est détecté à temps. Pour cela, ces grossesses particulièrement nécessitent un suivi ponctuel et sérieux.

La rédaction de La Maison des Maternelles