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Parole d'expert

Tout savoir sur le strabisme

3 min de lecture
Publié le 08.03.2021 à 15h03 
(mis à jour le 08.03.2021 à 16h45)

Le strabisme concerne 4 à 5% des enfants. Le docteur Arnault Pfersdorff, pédiatre, revient pour LMDM sur le dépistage, le traitement et les dangers du strabisme.  

Qu’est-ce que c’est ?

« Le strabisme est quelque chose que les parents peuvent voir parfois par eux-mêmes. C’est relativement fréquent chez les nouveau-nés les premiers mois parce qu’il y a une immaturité au niveau de la vision, au niveau des circuits nerveux de la rétine vers le cerveau qui va analyser l’image. Du coup chaque œil vit un peu indépendamment l’un de l’autre. Puis, progressivement, il y a une maturité du cerveau au niveau de l’occipital -c’est la partie postérieure du cerveau- qui va faire en sorte que les images vont fusionner et l’enfant va commencer à voir une seule image en stéréo, en profondeur et en 3D. »

Lorsque votre bébé vient au monde s’il louche cela ne veut pas pour autant dire qu’il a un strabisme comme le rappelle le spécialiste : 

« Il est donc très fréquent, durant ses premiers mois, qu’un enfant louche. Le problème c’est qu’après les parents pensent que c’est normal et on peut passer à côté de difficultés qui arrivent par la suite. »

L’épicanthus

« Souvent les parents peuvent croire que leur enfant louche, en particulier lorsqu’il regarde sur le côté. Car quand il regarde sur le côté on va voir plus le blanc d’un côté que de l’autre. Les parents peuvent alors croire que c’est un strabisme alors que ça n’en est pas un. C’est ce que l’on appelle une erreur de parallaxe. Et quand il y a ces difficultés, on parle d’épicanthus »

épicanthus

« C’est cet espèce d’anatomie qui est très particulière et qui va évoluer avec le temps, avec le nez qui va grandir, le visage qui va se transformer… On peut croire que c’est un enfant qui louche alors que pas du tout. »

Les dangers du strabisme

Si l’on ne dépiste pas le strabisme, il faut savoir que l’on peut passer à côté de certaines maladies, comme l’indique le pédiatre :

  • Anomalies rétiniennes
  • Problèmes neurologiques
  • Séquelles chez un grand prématuré
  • Amblyopie : quand il y a un strabisme et que l’enfant voit double, alors le cerveau décide de couper un des deux yeux pour mieux voir.

Le dépister

Lors d’un examen chez le pédiatre ou le médecin, ce dernier va procéder à différents examens pour dépister un éventuel strabisme, comme les détails le docteur Arnault Pfersdorff :

  • Lueur pupillaire : regarder à l’aide d’une petite lampe de poche si la lumière se réfracte bien dans les deux pupilles, de manière symétrique.
  • Œil de bœuf : un nouveau-né à qui l’on montre un œil de bœuf va être attiré et doit pivoter ses yeux sans bouger la tête lorsque l’œil de bœuf pivote.
  • Le signe de la toupie : mettre à l’enfant des lunettes avec des verres semi-occlus et refaire le test de l’œil de bœuf. Si un œil commence à être amblyope alors l’enfant va devoir tourner la tête pour compenser et regarder l’œil de bœuf avec l’autre œil.

La prise en charge

« Heureusement aujourd’hui on dépiste très tôt l’amblyopie. Si elle est dépistée alors l’enfant est adressé à un ophtalmologue qui va vérifier qu’il n’y ait pas un autre problème avant d’adresser l’enfant à un orthoptiste. Ce dernier va faire de la rééducation avec un œil que l’on va obturer de manière alternée. Pour que l’œil amblyope se mette à travailler. Et dans de très rares cas il y a une intervention chirurgicale à faire. »

La rédaction de La Maison des Maternelles

Expert

Arnault Pfersdorff

Pédiatre

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