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Tout savoir sur le papillomavirus

Publié le 11.05.2021 à 17h12 
(mis à jour le 17.05.2021 à 11h01)

Au cours de leur vie, plus de 80% des hommes et des femmes sexuellement actifs vont être exposés au papillomavirus. Le docteur Héléna Agnani, gynécologue, nous éclaire sur cette infection sexuellement transmissible très courante.

LMDM - Pouvez-vous nous expliquer ce qu’est le papillomavirus ?

Docteur Héléna Agnani - C’est un virus sexuellement transmissible. Environ 80 % des femmes et des hommes vont être confrontés à ce virus au cours de leur vie. On dit 80 % comme chiffre officiel mais dans la réalité c’est même encore plus que ça. Naturellement l’organisme va éliminer tout seul le HPV (NDLR : Human Papillomavirus) mais il arrive que ce HPV persiste et soit à l’origine de lésions précancéreuses et cancéreuses chez la femme avec le cancer du col de l’utérus, du vagin, de la vulve et de l’anus.

Mais aussi chez l’homme avec des cancers oro-pharyngés et des cancers de l’anus et du pénis. Il existe une multitude de papillomavirus. On en répertorie environ 200 dont 12 sont susceptibles de provoquer des lésions précancéreuses et cancéreuses. Les plus graves sont les HPV 16 et HPV 18 qui sont dans la majorité des cas à l’origine des cancers du col de l’utérus.

Comment se transmet-il ?

Le papillomavirus se transmet par voie sexuelle. Mais attention, cela ne signifie pas uniquement par pénétration. Cela peut se transmettre par simple contact par exemple avec les doigts lors d’un rapport sexuel. Donc le préservatif ne protège pas entièrement de l’infection.

Il faut vraiment être en contact très rapproché avec une personne qui a le papillomavirus pour l’attraper. En dehors de tout contact rapproché avec une personne infecté, il n’y a pas de risque. Pour preuve, pour les femmes qui n’ont jamais eu de rapport sexuel, on ne fait pas de frottis car il n’y a pas de risque de papillomavirus et donc de cancer du col de l’utérus.

Quels sont les symptômes qui doivent nous alerter sur une possible contamination ?

Il faut faire une différence entre 2 types de papillomavirus :

  • Les HPV à bas risques : Cela peut parfois se manifester par des condylomes ou « crêtes de coq ». Ce sont comme des verrues qui apparaissent sur les parties génitales. Ce n’est pas très esthétique et c’est assez embêtant dans la vie intime mais ce n’est pas dangereux. Cela peut se traiter grâce à une crème ou parfois du laser.
  • Les HPV à haut risques : Dans ce cas, il n’y a pas forcément de symptômes. Ce sont ces HPV qui sont à l’origine de cellules précancéreuses ou cancéreuses. C’est pourquoi il est important de faire des frottis de façon régulière.

Pouvez-vous nous dire qui est concerné par la vaccination contre le papillomavirus ?

Cela concerne les filles et les garçons entre 11 et 14 ans. On réalise alors deux injections. Il y a aussi une possibilité de rattrapage entre 14 et 19 ans et dans ce cas-là, on réalise 3 injections.

Le mieux c’est de le faire avant le début de la vie sexuelle. Mais c’est quand même important de le faire même si on a déjà eu un rapport sexuel car le vaccin va protéger même si c’est de façon moindre. Le vaccin reste efficace dans l’année du premier rapport sexuel.

La grande nouveauté de cette année, c’est l’ouverture de la vaccination contre le papillomavirus aux garçons. Pourquoi vacciner les garçons ?

Il y a trois raisons principales à l’ouverture de la vaccination pour les garçons :

  • On les protège eux-mêmes car ils peuvent avoir aussi des lésions induites par le papillomavirus.
  • En vaccinant les garçons, on protège les non vaccinés lors des rapports sexuels.
  • Pour augmenter la couverture vaccinale de la population.
La rédaction de La Maison des Maternelles