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Tout savoir sur l’hémorragie de la délivrance

3 min de lecture
Publié le 10.02.2020 à 11h44 
(mis à jour le 18.02.2020 à 10h00)

La délivrance est l’une des étapes cruciales lors de l’accouchement. Mais lors de l’expulsion du placenta, des complications peuvent survenir, comme l’hémorragie de la délivrance. Comment cette complication majeure est-elle prise en charge ? Notre spécialiste vous dit tout. 

Durant l’accouchement, la délivrance est l’étape où le placenta est expulsé après la naissance du nouveau-né. La délivrance se fait donc sous haute surveillance. Pour autant, des complications comme l’hémorragie de la délivrance peuvent survenir. Celle-ci se produit dans environ 6% des accouchements. Qu’est-ce que cette hémorragie ? Quelles en sont les causes ? Focus avec le Professeur Pierre-François Ceccaldi, gynécologue-obstétricien, chef de service à la maternité de l’hôpital Beaujon. 

La délivrance, comment ça se passe ? 

Lors de l’accouchement, une fois que le bébé est sorti, les annexes fœtales (placenta et membranes) sont expulsées grâce aux contractions utérines. Il y a des pertes sanguines, et c’est normal. Une délivrance dite spontanée se fait dans les 30 minutes après l’accouchement.

Quand l’hémorragie survient

À la naissance de l’enfant, un sac transparent gradué est placé sous la maman afin de recueillir le sang et surtout pouvoir le quantifier. Lorsqu’une maman perd plus de 500 mL de sang, on parle d’hémorragie de la délivrance. Elle peut survenir avant ou après la sortie du placenta. 

Le gynécologue le Pr Pierre-François Ceccaldi nous explique les causes de cette complication : 

« Il y a deux types de cas. Avec un accouchement très rapide, l’utérus peut rester très tonique et contracté. Alors, il ne permet pas la descente du placenta. Mais la cause majeure de l’hémorragie, c’est plutôt l’atonie utérine. C’est-à-dire quand l’utérus reste mou, c’est le claquage. Ça peut se produire lors d’un accouchement long. D’autres situations peuvent provoquer une hémorragie notamment, lorsqu’un petit morceau de placenta reste dans la cavité utérine et l’empêche de se contracter complètement. Enfin, une déchirure du col de l’utérus ou du vagin peut aussi mener à une hémorragie. » 

Comment stopper l’hémorragie ? 

Lorsqu’il y a hémorragie de la délivrance, les soignants doivent être très réactifs. Ils doivent très vite identifier la cause de l’hémorragie. Ensuite, ils tentent de la stopper avec des traitements adaptés, techniques ou mécaniques. Mais parfois, il peut arriver que les traitements échouent, et il faut passer au bloc opératoire, comme nous le précise notre spécialiste :

« Si l’hémorragie continue malgré les traitements ou si l’état de la patiente n’est pas stable, il faudra passer au bloc opératoire pour que le gynécologue ligature les artères de l’utérus. Heureusement, il est assez rare qu’on soit amené à l’hystérectomie (l’ablation de l’utérus). Si l'état de la patiente est stable (une tension artérielle conservée et un bon rythme cardiaque), on peut aussi pratiquer une embolisation pour arrêter les saignements. Il s'agit d'obstruer les artères de l'utérus avec des billes de collagène à l’aide d’un cathéter introduit dans l’artère fémorale. »

Se remettre de son accouchement

L’hémorragie de la délivrance peut laisser une notion de stress post-traumatique chez certaines patientes. C’est pour cela qu’il est important d'en parler avec le personnel soignant. Lors d’un transfert en urgence avec une équipe inconnue et loin de son bébé, cela peut être très dur psychologiquement. Que ce soit pour la mère ou le père, il ne faut pas hésiter à en parler avec le psychologue ou les équipes soignantes de l’hôpital. 

La rédaction de La Maison des Maternelles