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Tout savoir sur l’accouchement à domicile

Publié le 30.11.2021 à 14h30 
(mis à jour le 03.12.2021 à 11h59)

Chloé Rosa est sage-femme libérale et accompagne des accouchements à domicile en Ile de France, elle répond à nos questions sur cette pratique.

LMDM - Est-ce que toutes les femmes enceintes peuvent prétendre à l’accouchement à domicile ?

Chloé Rosa : Toute femme peut rencontrer une sage-femme pour lui faire une demande d’accouchement à domicile. Évidemment, l’acceptation du projet d’accouchement à domicile ne va pas être possible pour toutes les femmes. Quand on reçoit les couples, on va avoir un premier entretien très long, pour savoir s’il y a des antécédents médicaux particuliers. Par exemple, plusieurs opérations au niveau de l’utérus qui contre-indiqueraient un accouchement à domicile. Une hypertension, un diabète, sont aussi des contre-indications. Ensuite, même si on part sur un accouchement à domicile, tout au long de la grossesse on a besoin d’avoir tous les feux verts pour aller au bout du projet. S’il y a la moindre chose, on ne pourra pas maintenir l’accouchement à la maison.

Si jamais la sage-femme est appelée en même temps pour un deuxième accouchement à domicile, comment ça se passe ?

Ça peut arriver, à ce moment-là on doit appeler une collègue avec qui on travaille pour qu’elle puisse aller sur l’autre accouchement. Comme on travaille en réseau on essaie toujours d’être deux sages-femmes disponibles aux dates du terme. Il y a la sage-femme référence qui suit le couple tout au long de la grossesse. Et on a une liste de sages-femmes d’astreintes.

S’il y a besoin d’une césarienne, comment ça se passe ?

Quand on est à la maison, il y a rarement besoin d’une césarienne imminente. Il va y avoir plein de signes et de situations annonciatrices à une césarienne : par exemple, s’il y a un liquide teinté à la maison -le bébé qui fait des selles dans le liquide amniotique- : on transfert. Si jamais à l’auscultation on entend qu’il y a des ralentissements cardiaques du bébé : on transfert. S’il y a une stagnation qui est très longue, qu’on sent que le bébé est retenu par un cordon ou autre chose : on transfert. On anticipe, on est beaucoup dans la prévention.

Il n’y a que 80 sages-femmes qui pratiquent l’accouchement à domicile en France. Pourquoi si peu ?

Je pense qu’il y a la problématique de l’assurance. Normalement on est censé avoir une assurance pour tout acte médical mais les compagnies d’assurances ne veulent pas nous assurer. On peut alors saisir le bureau central de tarifications et à ce moment-là une assurance se voit obliger de nous assurer d’office mais c’est entre 25 000 et 30 000 euros l’année ! C’est énorme donc il n’y a aucune sage-femme française assurées.

La rédaction de La Maison des Maternelles