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Tabou des règles : l’Assemblée nationale dit stop

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Publié le 13.02.2020 à 12h28 
(mis à jour le 14.02.2020 à 11h00)

Un rapport parlementaire rendu public et adopté par la délégation aux droits des femmes de l’Assemblée nationale a un objectif en ligne de mire : que les règles ne génèrent plus angoisses et inégalités.

Faire que les règles ne soient « plus génératrices d’angoisses et de souffrances » pour les femmes : c’est le but affiché d’un rapport parlementaire rendu public le mardi 11 février 2020 à l’Assemblée nationale. Porté et adopté par la délégation aux droits des femmes, ce rapport formule 47 recommandations afin de déconstruire les tabous autour des règles. 

Les deux auteures du rapport, Romeiro Dias (LREM) et Bénédicte Taurine (LFI) affirment que « la prise en charge insuffisante de la question des menstruations contribue à perpétuer les inégalités entre les femmes et les hommes. »

Les règles : priorité à l’éducation

Le rapport déplore une « connaissance insuffisante » des filles et des femmes concernant les règles. Par exemple, à propos des différents produits de protections, des risques sanitaires comme le choc toxique ou bien encore les règles d’hygiène autour des produits. 

Ainsi, une priorité doit être faite à l’éducation. Pour l’heure, le cycle menstruel est abordé au collège en classe de 4e. Selon les auteures du rapport, il faut informer au plus tôt et décorréler cette question de l’éducation à la sexualité. Certaines jeunes filles ayant leurs règles en CM2, il serait plus logique d’enseigner la question des règles en classe de 6e. 

Les députés préconisent aussi la mise en place d’un site internet public accessible pour délivrer des informations ludiques et accessibles. 

Solidarité : mettre fin aux inégalités des règles

Afin de parer au problème de la précarité menstruelle, les auteures proposent l’installation de distributeurs de protections menstruelles dans des lieux publics. Ainsi, les femmes sans domicile ou précaires pourraient y avoir accès facilement. Dans les écoles, les collégiennes, lycéennes et étudiantes devraient pouvoir aussi accéder à des protections gratuites.

Plus de lisibilité de la part des fabricants 

Les fabricants de protections périodiques devraient être tenus à une meilleure lisibilité sur leurs emballages. Avec les risques de syndrome du choc toxique notamment, les emballages devraient mentionner à l’aide d’un pictogramme clair la présence de substances toxiques. 

Ces mêmes fabricants devraient aussi tenir informer les femmes des conditions d’utilisations et des règles de sécurité concernant l’utilisation.

Enfin, les auteures préconisent aussi le développement d’une filière de recyclage des protections hygiéniques absorbantes en France. 

Endométriose : une meilleure formation pour les soignants

Concernant la pathologie entraînant des règles très douloureuses, l’endométriose, le rapport suggère une meilleure formation des médecins généralistes et gynécologues. Cette maladie gynécologique touche 1 femme sur 10 en France et reste compliquée à diagnostiquer. 

La rédaction de La Maison des Maternelles