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Souffrance au travail : le corps médical appelle au secours

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Publié le 27.11.2020 à 18h53 
(mis à jour le 27.11.2020 à 19h10)

La souffrance des soignants n’est pas nouvelle en France. La crise du Covid-19 est venue accélérer les difficultés du corps médical, qui sort aujourd’hui du silence, pour réclamer plus de moyens.

C’était en mai 2019. L’équipe LMDM avait alors installé sa caméra pendant une journée de garde à la maternité du CHRU de Strasbourg. Nadine Knezovic, sage-femme là-bas, confiait alors :

 « Quand vous avez plus de femmes qui viennent que de personnel qui peut les accueillir, forcément à un moment, ça coince ! On essaye de rappeler parfois des gens en plus quand c’est trop le rush… des gens qui n’étaient ni d’astreinte, ni de garde et qui viennent sur la bonne volonté. Chacun essaye de faire quelque chose pour arriver à re-stabiliser un bateau qui est en pleine tempête ! »

Professeur Israël Nisand, chef de service pendant 20 ans et président du Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français, tirait déjà lui aussi la sonnette d’alarme :

« La situation s’est dégradée dans toutes les maternités -y comprit la nôtre- dans les 10 dernières années. Les sages-femmes me disent : " Il y a 10 ans, je venais faire mes gardes avec le plaisir de faire cet extraordinaire métier..." Aujourd’hui, elles me disent : " Nous venons avec la boule au ventre ". On est dans une situation d’insécurité grandissante et de baisse de la qualité [des soins] »

Des mots qui résonnent aujourd’hui particulièrement avec ceux d’Anna Roy, sage-femme et chroniqueuse dans La Maison des Maternelles. Elle a lancé le hashtag #Jesuismaltraitante pour libérer la parole des soignants, accompagné d’une pétition pour réclamer 1 sage-femme pour une femme. Elle explique :

« Vous m’auriez dit il y a 6 mois que j’étais maltraitante, j’aurai été en colère. Mais aujourd’hui, j’ai mis un genou à terre. Je pensais que le système était maltraitant. Mais je me sens responsable parce que c’est moi qui pose les actes. Les gardes surchargées sont devenues la norme. Mais aujourd’hui les soignants et les patientes libèrent leur parole. Il faut une femme pour une sage-femme, c’est tout. Ca n’a rien de fou. Anne Chantry, sage-femme et épidémiologiste a fait des études là-dessus et les résultats sont incroyables : moins de césarienne, accouchement mieux vécu… ça améliore tous les indicateurs périnataux. »

La rédaction de La Maison des Maternelles