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Sages-femmes en colère : leur vidéo devient virale

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Publié le 13.10.2020 à 16h22 
(mis à jour mardi dernier à 11h32)

La vidéo, réalisée par les sages-femmes à l’hôpital de Troyes, a été visionnée plus de 700 000 fois sur Instagram.

8 sages-femmes de l'hôpital de Troyes, dont Fleur et Maud, ont réalisé la vidéo "Bref, je suis sage-femme", dans laquelle elles expriment leur mécontentement. Le Ségur de la santé, censé revaloriser le personnel soignant après la crise du Covid-19, a complètement mis de côté les sages-femmes, explique Maud :

« Le Ségur de la santé a évincé les sages-femmes. Il y a un vrai mécontentement car la profession n'a pas été conviée. Une fois de plus, nous avons été oubliées. On a donc eu l’idée de faire cette vidéo, sur le ton de l’humour, en se disant que c’était peut être la meilleure façon de faire passer le message. »

Mais derrière le ton humoristique, la colère est réelle. Les sages-femmes ont l’impression d’être les grandes oubliées de ce Ségur de la santé, malgré un contexte de crise sanitaire de Covid-19, ayant déjà mis à mal la profession. Fleur précise :

« Le contexte du Covid-19 fait que l’ensemble du corps soignant est en souffrance, ça a fait ressortir le manque d’effectif à tous les niveaux, et le manque de valorisation salariale. Le fait est qu’une fois de plus les sages-femmes ont été oubliées dans les propositions du Ségur. Pour nous ça a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Il y a eu des actions depuis cet été, avec des courriers envoyés aux députés, pour interpeller le gouvernement. »

Leurs revendications ne datent pourtant pas d’hier :

« Les revendications ne sont pas nouvelles ! Ça date de plusieurs générations de sages-femmes. Nous voulons une revalorisation de notre profession en obtenant le statut médical. Une revalorisation salariale nous parait légitime, vu l’ampleur de nos compétences et nos responsabilités. Nous voulons aussi mieux faire connaitre le métier, auprès du grand public mais aussi des politiques. On a une place centrale dans la vie des femmes, bien au-delà de la salle de naissance. »

Car, même si de nombreuses personnes imaginent que le rôle des sages-femmes s’arrête strictement à la naissance, il n’en est rien. Une sage-femme peut faire le suivi gynécologique d’une femme tout au long de sa vie, de la puberté à la ménopause : contraception, sexualité, accompagnement de la grossesse et de l’accouchement, accueil du nouveau-né, accompagnement de la maternité et de la parentalité, conseils sur l’allaitement... Alors, le combat des sages-femmes serait-il un combat féministe ? Fleur raconte : 

« On se bat aussi pour que la prise en charge des femmes soit améliorée. Le gouvernement n’a pas encore pris de vraies décisions pour mettre la sage-femme au centre de la santé des femmes alors qu’il y a un manque réel dans leur prise en charge gynécologique et de la grossesse. C’est un combat pour les femmes, donc, oui, il y a un aspect féministe derrière. »

Marion Cousin