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Rentrer à la maison avec un bébé prématuré

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Publié le 15.05.2019 à 14h16 
(mis à jour vendredi dernier à 10h33)

Chaque année, en France, près de 60 000 enfants naissent prématurément. Après plusieurs semaines d’hospitalisation, LMDM vous aide à comprendre comment se déroule le retour au domicile.

La sortie de l’hôpital

Les prématurés sont placés en couveuse. Un cocon qui permet de les maintenir à 34 ou 35°C, soit l’équivalent de la température du ventre de la mère, comme l’indique l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). Cette couveuse doit également présenter un taux d’humidité de 80%. Le bébé peut en sortir quand il pèse au moins 2 kilos. Pour la sortie d’hôpital, il y a plus de critères, comme l’explique Docteur Kristell Guével Delarue, médecin généraliste de PMI à Paris et auteure :

« Il faut que le prématuré soit autonome sur le plan digestif et respiratoire. Si ce n’est pas le cas, il peut y avoir une hospitalisation à domicile si les parents l’acceptent. Lorsque l’on parle du critère des 2 kilos, c’est pour que l’enfant sorte de couveuse. Les vrais critères de sortie de l’hôpital sont des critères médicaux d’autonomie. »

L’adaptation

« Comme tous les bébés et encore plus pour les prématurés, l’arrivée au domicile peut perturber leur rythme de sommeil, de digestion, il peut ne pas faire caca tous les jours, réclamer plus ou moins à manger, ça peut être un bébé qui pleure davantage, rappelle la spécialiste. Pour les apaiser on conseille qu’il dorme dans la chambre des parents jusqu'à ses 6 mois, pas dans le même lit, plutôt à côté. Il faut un temps pour se réapproprier son enfant. »

La relation parent/enfant

Après avoir vécu des premières semaines très difficiles, durant lesquelles, la plupart des contacts avec leur bébé se sont faits dans un milieu médicalisé et par une couveuse, les parents peuvent avoir des craintes une fois seuls à la maison avec leur nourrisson. « Va-t-il grossir ? », « Cette pause dans sa respiration est-elle normale ? »… Le docteur a quelques conseils pour créer le lien en douceur :

« Lors du retour à la maison, ce qui se joue c’est qu’il ne faut plus être soignant mais aussi parent. Il faut poursuivre les moments de peau à peau le plus possible. Il ne faut pas hésiter à demander à la PMI un suivi psychologique pour vous aider à devenir le parent que vous n’étiez pas jusqu’à présent. Il faut qu’ils soient à l’écoute de leur enfant et avoir confiance en leur bon sens de parent. Ce qui est compliqué c’est qu’à l’hôpital, ils sont plus à coté de leur enfant qu’avec leur enfant, alors que dans une grossesse normale le bébé reste avec sa maman. Là, il y a tous les soignants donc ils perdent de la spontanéité. Nous on leur dit que si on les a laissé sortir c’est que c’était possible et qu’ils vont bien. »

Les aides

Lors du retour à domicile, les parents ne sont pas seuls. Si l’enfant a besoin de soins, ils seront dispensés par une infirmière puéricultrice. Ils peuvent aussi demander de l’aide et des conseils auprès de la PMI de leur ville, du Centre d’action médico-sociale précoce (CAMSP) ou de SOS Préma, dont le numéro vert est 0 800 96 60 60.

Le suivi médical

« La plupart des prématurés sont ensuite suivis soit par un médecin membre d’un réseau de périnatalité soit par un médecin d’un CAMSP, indique le docteur. Ils sont suivis en général jusqu’à leur 6 ans par un neuro-pédiatre, un orthophoniste, un ORL, un ophtalmologue, et un psy. Pour l’ORL et l’ophtalmo, c’est un suivi rapproché. Ils peuvent aussi être suivi sur le plan cardiaque et gastrique s’ils ont eu des antécédents. Leur immaturité immunologique est à prendre en compte, car ils n’ont pas pu recevoir les anticorps du troisième trimestre donc, en plus des 2 injections obligatoires à 2 et 4 mois du vaccin pneumocoque et DTP, on ajoute une injection à 3 mois. On peut aussi les vacciner contre la VRS contre la bronchiolite Il y a aussi le problème du mode de garde, on déconseille la collectivité pour la première année surtout si l’enfant a eu des problèmes respiratoires. »

à noter

Depuis 2006, en cas de naissance prématurée, le congé maternité couvre la période d’hospitalisation de l’enfant. En octobre 2018, les députés ont voté l’allongement du congé paternité lorsqu’un nouveau-né est hospitalisé.
La rédaction de La Maison des Maternelles