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"Rebellez-vous !" : stop au harcèlement de rue

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Publié le 04.03.2020 à 09h58 
(mis à jour le 04.03.2020 à 10h57)

C’est un chiffre qui fait froid dans le dos : en France, 58% des femmes de 20 à 24 ans estiment avoir subi une violence dans l’espace public. Insultes, menaces, intimidations, ou même violences physiques. Marie Laguerre en a fait son combat.

Une agression en 2018

En juillet 2018, Marie Laguerre rentre chez elle, quand elle entend un bruit, une sorte de succion à son égard. Agacée, elle lâche un « Ta gueule ! » à l’homme qui l’importune. Il lui lance alors un cendrier présent sur la table d’un café, la jeune femme ne se laisse pas faire et répond à nouveau à son agresseur. Celui-ci la rattrape, et la frappe en plein visage. 

Après cela, Marie Laguerre qui se dit elle-même, portée par l’adrénaline et la colère, demande à son agresseur s’il est fier de lui. Là encore elle refuse de se soumettre et tient à rester digne : 

« Je n’ai pas senti la douleur sur le coup, j’étais concentrée à ne pas baisser les yeux, à ne pas lui montrer qu’il avait gagné. Je voulais garder ma dignité et lui prouver que ce n’était pas parce qu’il utilisait la force qu’il était le plus fort. » 

La scène a été filmée par les caméras de surveillance du café, la vidéo visionnée plus de 10 millions de fois est devenue un symbole des violences et du harcèlement de rue.

Un livre pour sensibiliser

Ce jour-là  Marie Laguerre a décidé de ne pas baisser les yeux face à son agresseur ; aujourd’hui alors que celui-ci a été condamné à 6 mois de prison ferme, elle publie un livre : Rebellez-vous ! aux éditions L’iconoclaste. Avec cet ouvrage, elle ne veut pas simplement partager son histoire, elle veut rappeler ce que des milliers de femmes vivent au quotidien. En couverture, on peut retrouver les mots de Leymah Gbowee, prix Nobel de la paix : « Il est temps pour les femmes d’arrêter d’être poliment en colère. ». Marie Laguerre explique :

« Ce n’est pas seulement à propos de ce que j’ai vécu, c’est aussi pour faire écho à ce que vivent mes amies et les femmes que je ne connais pas. » 

Et non pas culpabiliser 

Il est bien évident que l’idée de se rebeller, de ne pas se laisser faire et de risquer de prendre un coup peut faire peur à beaucoup de femmes. L’idée de Marie Laguerre n’est pas de les inciter à rétorquer à tout prix, et encore moins de les culpabiliser si elles n’ont pas eu la force de répondre à une remarque dégradante : 

« C’est important de préciser que le message de toute mon histoire n’est certainement pas de dire aux femmes de toujours répondre de cette manière. Parfois la meilleure solution c’est de baisser les yeux et de rentrer chez soi. Parfois on n’a pas envie aussi, on a notre vie à mener, si on passait notre temps à répondre à chaque fois, c’est épuisant. L’intérêt de ce livre, c’est simplement de donner des outils concrets pour évaluer la situation et répondre s’il le faut à un agresseur. » 

L’auteure insiste aussi en rappelant que les femmes ne sont jamais coupables lorsqu’elles se font agresser dans la rue. Rien ne justifie jamais qu’elles soient importunées. 

Éduquer pour faire changer les mentalités 

Le changement vient aussi de l’éducation que l’on donne aux plus petits. En cessant de faire grandir les enfants avec des stéréotypes de genre, comme le fait de réduire une petite fille à son physique, un garçon à sa force, on contribue à limiter les inégalités de genre.

La rédaction de La Maison des Maternelles