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"Ras le col" : les sages-femmes plus déterminées que jamais

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Publié le 08.10.2021 à 11h12 
(mis à jour jeudi dernier à 12h08)

LMDM s’est rendue à la manifestation des sages-femmes hier à Paris. Reportage.

Les sages-femmes ne décolèrent pas. Et pour cause : elles demandent une revalorisation de leur profession, plus de moyens, humains et financiers, notamment pour redonner aux jeunes l’envie de se diriger vers ce métier. Pourtant, le gouvernement reste sourd à leurs revendications. Reportage au coeur de la manifestation parisienne de ce 7 octobre 2021.

Une femme, une sage-femme

Raphaëlle Buhot de Launay, sage-femme et manifestante présente ce jour, explique :

« Il y a plusieurs revendications. D’abord, on manque beaucoup d’effectifs, l’hôpital public n’est plus du tout attractif pour les jeunes sages-femmes diplômées. Le salaire ne suit pas le niveau d’étude ! On parle d’accompagner les femmes et les enfants à l’aube de la vie. C’est inenvisageable qu’on ne soit pas revalorisés, qu’on ne puisse pas exercer dans les meilleures conditions possibles. »

Elles étaient environ 5000 dans la rue hier à Paris. Une forte mobilisation, comme en témoigne Adrien Gantois, Président chez Collège National des Sages-femmes de France :

« Cette manifestation est une réussite. Il faut une sage-femme par femme pour son travail et son accouchement, et ne pas avoir 5 accouchements en même temps. Il y a une pétition qui circule à ce sujet : signez-la ! »

Des étudiantes mobilisées

Dans le cortège, on ne rencontre pas que des sages-femmes diplômées, mais aussi des élèves sages-femmes, qui scandent « Étudiantes mobilisées » Souma, elle-même étudiante, témoigne :

« Aujourd’hui, dans ma promo, on est toutes hyper passionnées. En stage, on est heureuses d’avoir des patientes. Mais quand on voit derrière ce qu’il se passe, c’est difficile de rester motivées. »

La filière peine aujourd’hui à recruter, et les abandons et réorientations se multiplient. Une enquête de l’ANESF (Association nationale des étudiants sages-femmes) parue en 2018 révélait que 7 étudiant.e.s sages-femmes sur 10 étaient en dépression.

Émotion et inquiétudes 

Marianne Benoit Truong Canh, sage-femme, se désole :

« C’est quand même terrible que cette manifestation soit un succès. Pour en arriver là, vous imaginez à quel point il fallait pousser les sages-femmes à bout. Aujourd’hui, on se demande ce qu’il va se passer si après, le ministère n’entend pas nos demandes. On est très inquiets pour la suite. »

Anna Roy, également présente, est émue de voir une telle mobilisation, qu'elle n'imagine pas retomber de sitôt si les pouvoirs publis n'apportent pas de réponses satisfaisantes à la profession :

« Je suis très émue. Il y a des collègues, des patientes. Je sens que les gens sont plus déterminés que jamais. Je n’avais jamais ressenti un truc comme ça à une manifestation de sages-femmes ! »

La rédaction de La Maison des Maternelles