france.tv

Qu’est-ce que la paralysie cérébrale ?

3 min de lecture
Publié le 28.02.2020 à 11h34 
(mis à jour le 02.03.2020 à 16h32)

Chaque jour en France, 4 bébés naissent atteints de paralysie cérébrale : c’est la 1ère cause de handicap moteur chez l’enfant, le plus souvent liée à une naissance prématurée ou à un accouchement difficile. 

Quelles sont les causes de la paralysie cérébrale ? 

Ces sont des lésions survenues dans le cerveau du fœtus ou du nourrisson. Elles sont causées par un arrêt de l’apport de sang ou d’oxygène dans certaines parties du cerveau ou une hémorragie cérébrale. Les causes de la paralysie cérébrale sont multiples et liées la plupart du temps à la prématurité ou à un accouchement difficile, une souffrance fœtale, un manque d’oxygénation du cerveau. Mais les causes restent inexpliquées dans 40 % des cas. Le Dr Arnault Pfersdorff nous en dit plus : 

« C’est souvent un enchaînement d’événements survenant avant, pendant ou après la naissance, comme : les malformations cérébrales, les complications d’un accouchement, l’AVC néonatal, les convulsions, mais aussi une infection ou une maladie pendant la grossesse (rubéole, toxoplasmose etc.). Ou encore les premiers mois de l’enfant, en cas de méningite par exemple. »

Comment se manifestent ces lésions ? 

Ces lésions provoquent un ensemble de troubles du mouvement ou de la posture, souvent accompagnés de difficultés cognitives ou sensorielles. Elles détériorent les messages entre le cerveau et les muscles. Suivant la localisation et de l’étendue des lésions, il va y avoir différentes paralysies : le handicap peut aller d’une légère boiterie à une paralysie totale. Il existe aussi beaucoup d’états intermédiaires entre ces deux exemples. 

Quand le diagnostic est-il posé ? 

Le diagnostic n’est pas toujours posé à la naissance de l’enfant, cependant comme ces bébés sont souvent issus d’accouchements ou de grossesses difficiles, cela peut-être dépisté durant le protocole qui suit une souffrance fœtale, nous explique le Dr Pfersdorff : 

« On fait des examens d’imageries (IRM) systématiquement à la naissance quand on sait qu’il y a eu souffrance fœtale, lors d’un accouchement compliqué ou en cas de grande prématurité. Ou alors un peu plus tard si les parents s’inquiètent. Je dis toujours une chose : « Écoutez les mamans, chers confrères ! »

Pour Justine, Maman d’une petite Maëlle atteinte de paralysie cérébrale suite à un accouchement prématuré à 5 mois et demi de grossesse, le diagnostic n’a pas été posé lors de la naissance de sa fille : 

« La paralysie cérébrale n’a en effet pas été diagnostiquée à sa naissance, car les bébés qui font un AVC in-utero, « paraissent » comme les autres bébés à la naissance. Donc rien n’a été fait de spécial à la naissance, ni au cours de ses 3 mois d’hospitalisation. On n’a pas fait d’IRM non plus aux 3 mois de Maëlle, comme c’est le protocole dans beaucoup de maternités, pour les prématurés. »

Elle a dû beaucoup insister pour qu’on la dirige enfin vers un spécialiste : 

« J’avais remarqué à ses 4 mois, qu’elle n’arrivait pas à attraper ses pieds et qu’elle ne tenait pas sa tête. J’ai alerté les pédiatres, qui pour certains mettaient cela sur sa prématurité. À force d’insister, mon médecin traitant m’a écoutée et dirigée vers un médecin spécialisé (médecin physique en réadaptation) à l’hôpital de Reims. Et ce n’est qu’aux 2 ans de Maëlle qu’on a posé le diagnostic de paralysie cérébrale. »

Ce n’est qu’à la suite de ce diagnostic que la jeune femme a pu savoir ce qui était arrivé à sa fille. On lui a expliqué qu’elle avait fait un AVC in-utero. Maëlle a une tétra parésie spastique, c’est-à-dire que ses membres inférieurs sont les plus atteints, et elle ne peut pas marcher seule. En revanche, ses mains sont autonomes et elle n’a aucune déficience intellectuelle.  

La rédaction de La Maison des Maternelles