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Qu’est-ce qu’une GPA éthique ?

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Publié le 16.06.2021 à 14h41 
(mis à jour le 05.07.2021 à 17h08)

Le docteur Serge Hefez, psychiatre, se dit favorable à la légalisation d’une « GPA éthique ». Pour LMDM, il explique ce qu’il définit comme tel.

 

Qu’est-ce qu’une « GPA éthique » ? Le docteur Serge Hefez, psychiatre et responsable de l’unité de thérapie familiale dans le service de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière nous livre sa définition :

« Une GPA éthique est une GPA dans laquelle tous les protagonistes de la grossesse, de la parentalité, de la génétique, sont connus, sont respectés, ont une place dans l’avenir de l’enfant. C’est une GPA où la femme qui porte l’enfant n’est pas escamotée. Elle est reconnue, elle est aimée. Elle noue des relations avec les futurs parents et peut-être avec cet enfant par la suite, si les choses sont possibles. »

Le spécialiste rappelle que pour qu’une GPA se passe au mieux, il ne faut pas qu’il y ait de notion de transaction financière :

« C’est également une GPA dans laquelle la mère porteuse n’est pas motivée par l’intérêt financier. Ce n’est pas une transaction financière. C’est une transaction affective. C’est une femme qui a envie, par générosité d’aider un couple à mettre au monde un enfant : un couple hétérosexuel ou homosexuel. C’est ce lien-là qui est très fort car c’est un don. »

Reconnaître le rôle des mères porteuses

Comme le docteur Hefez le souligne, il y a encore trop de GPA qui se font au détriment de valeurs éthiques :

« Malheureusement il y a eu beaucoup de GPA non-éthique. C’est pour cela qu’il faut les différencier. Des GPA uniquement avec des transactions financières. Nous avons tous en tête les images de reportages terribles dans des pays comme l’Inde ou la Roumanie, dans lesquels on voir des femmes dans des dortoirs accouchant d’enfants qui sont arrachés par des parents étrangers qui n’ont aucun lien avec elles. Enfant qui n’aura aucun lien avec la mère porteuse et à qui on ne racontera pas l’histoire de sa naissance. »

Le docteur aimerait également que la place des mères porteuses soit mieux considérée dans nos sociétés et qu’elles puissent jouir d’une véritable reconnaissance :

« J’ai rencontré des femmes qui m’ont dit qu’elles considéraient que c’était une des plus belles choses qu’elles aient faite dans leur vie que de mettre cet enfant au monde, d’aider un couple à avoir un bébé. Ces femmes le disent, le répètent, écrivent des livres… Mais on ne les croit pas. On leur dit qu’elles sont asservies, qu’on les utilise comme objet… Tout un tas de choses horribles qui ne correspond pas du tout à leur expérience. »

La rédaction de La Maison des Maternelles