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Qu’est-ce qu’une crèche Pikler ?

3 min de lecture
Publié le 07.09.2020 à 15h26 
(mis à jour le 17.09.2020 à 11h19)

Ces crèches basent leur projet pédagogique selon les écrits de la pédiatre et psychopédagogue Emmi Pikler. Mais qu'ont-elles de particulier ? 

Qui est Pikler ?

Emmi Pikler débute ses études de médecine en Autriche en 1920, avant de se spécialiser en pédiatrie et psychopédagogie. Contemporaine de Maria Montessori, elle s’intéresse particulièrement aux capacités des nourrissons. Renommée pour ses écrits, elle crée, en 1946 et à la demande du gouvernement hongrois, l’institut Lóczy, une pouponnière accueillant des enfants orphelins.

Elle y met en place des conditions d’accueil particulièrement innovantes pour l’époque, basées sur :

  • le respect de l’enfant,
  • le respect de son rythme de développement,
  • le respect des envies de l’enfant. 

Emmi Pikler est convaincue que les tout-petits peuvent développer des compétences innées, tant au niveau corporel et moteur qu’au niveau cognitif et social. Les bébés évoluent sous le regard bienveillant des éducateurs qui veillent sur eux, sans intervenir dans leurs apprentissages.

Les crèches Pikler

Aujourd’hui, plusieurs crèches, en France et dans le monde, s’inspirent de la pédagogie d’Emmi Pikler. C’est le cas notamment de la crèche Le nid des tout-petits à Paris, que l’équipe LMDM a pu rencontrer. Sa directrice, Kerina Youssouf, nous explique :

« La particularité d’une crèche piklerienne, c’est qu’on va avoir un grand travail d’observation de chaque enfant. »

Une distance bienveillante, l’adulte n’intervient que quand l’enfant est en difficulté. Dans ces crèches, on pratique la motricité libre, et l’enfant est acteur de son développement. Marcher, ramper, se relever… c’est lui qui décide ! Éducatrice de jeunes enfants à la crèche Le nid des tout-petits, Cecile Constanty précise :

« La motricité libre va apporter au bébé une conscience de leur capacité, ils vont découvrir tôt qu’ils n’ont pas besoin de l’adulte pour se déplacer, se mouvoir, se tourner, s’asseoir… ça les rend beaucoup plus indépendant. »

L’enfant est aussi autonome pendant les soins : l'enfant se met seul dans la position de change, lève la jambe pour enlever son pantalon…

Enfin, l’accent est mis sur la relation entre l’enfant et l’adulte qui va s’occuper de lui. Ici, le tout-petit a toujours le.la même réfèrent.e. Une approche rassurante pour lui, explique Kerina Youssouf :

« Plus un adulte va connaitre l’enfant, ses habitudes, plus les soins se passent bien parce que l’enfant va en profiter par être nourri par la relation. »

La rédaction de La Maison des Maternelles