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Puberté précoce : une endocrinologue vous répond

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Publié le 27.09.2021 à 14h31 
(mis à jour le 28.09.2021 à 09h52)

Docteur Eloïse Giabicani est pédiatre endocrinologue à l’hôpital Trousseau à Paris. Elle répond à nos questions sur la puberté précoce.

LMDM - Pouvons-nous faire un point sur les signes à repérer lorsque l’on suspecte une puberté précoce ?

Dr Giabicani - On parle de puberté précoce devant un développement mammaire avant l’âge de 8 ans chez les petites filles. Pour le petit garçon c’est l’augmentation de la taille des testicules avant l’âge de 9 ans.

Il peut y avoir d’autres signes : pilosité axillaire (aisselles) et pubienne. On peut parfois observer une croissance rapide, et chez les filles parfois des pertes vaginales.

Quels sont les effets secondaires du traitement ? Sautes d’humeur, fatigue, tristesse en font ils partie ?

Le traitement peut jouer un peu sur le comportement mais comme toute modification hormonale, donc c’est difficile de savoir si c’est vraiment le traitement. Il faut se rassurer sur le traitement, qui existe depuis de nombreuses années : les études réalisées montrent qu’il n’y a pas d’effets secondaires sur le métabolisme ni sur la fertilité à long terme.

Quels sont les traitements possibles ?

Il y a un traitement hormonal qui freine la puberté, il se fait par injection soit mensuelle, trimestrielle ou tous les 6 mois, et freine la production de LH et de FSH. L’injection est assez douloureuse, on utilise alors des patchs pour soulager les enfants.

Il y a aussi la possibilité de ne pas traiter. C’est important d’en parler car ce n’est pas obligatoire. Surtout chez les petites filles dont la puberté commence certes précocement mais à un âge moins jeune. Entre 7 et 8 ans, on se pose la question. Avant, on se pose moins la question : on va freiner la puberté.

Quelles peuvent être les causes ?

Malheureusement on ne les connait pas de façon précise. On dit que c’est « idiopathique », c’est-à-dire qu’on ne connait pas la cause. Il y a probablement un impact de l’environnement, car on a une légère augmentation ces 20 dernières années des pubertés précoces. Il y a l’alimentation : ce sont souvent des petites filles qui ont pris du poids ou sont en surpoids au moment où les signes démarrent. Il y a également les perturbateurs endocriniens, il y en a partout, on y est exposés à différents moments de notre vie. Les fenêtres d’exposition ont l’air d’être assez importante sur leur pouvoir à modifier le système endocrinien. Mais on en sait assez peu... On sait aussi qu’il a des choses difficilement évitables : l’eau, les pesticides… L’huile de lavande a été souvent incriminée, on peut peut être s’en passer, c’est utilisé comme répulsif anti-poux. Le soja en grande quantité aussi peut être nocif.

La rédaction de La Maison des Maternelles