france.tv

PMA pour toutes : « On a décidé de faire une insémination artisanale » (3/6)

3 min de lecture
Publié le 08.07.2021 à 16h08 
(mis à jour le 13.07.2021 à 16h55)

LMDM consacre une série de portraits aux couples de femmes ayant recours à la PMA. Aujourd’hui, Marie et Marie nous racontent pourquoi elles ont décidé de se tourner vers une insémination artificielle non médicalisée.

Ensemble depuis 7 ans, Marie et Marie ont commencé à réfléchir à leur projet de bébé il y a 1 an et demi. Elles se renseignent sur les cliniques en Espagne et en Belgique et en contactent plusieurs pour avoir les tarifs et conditions. Mais ce projet ne correspond pas à leurs valeurs :

« Ce n’était pas un problème de fonds, nous les avions. Ce rapport à la parentalité qui se faisait sur un biais commercial nous dérangeait. Quand on a contacté les cliniques, c’est presque un séjour de vacances qui est vendu à côté. On croit beaucoup au système de santé français, au fait que ce qui vient du corps ne doit pas être monétisable mais que ça doit être du don. »

Les 2 femmes ne se sentent pas en accord avec les propositions des cliniques en Belgique et Espagne. À ce moment-là, le projet de loi est toujours en attente en France : elles se posent alors la question d’attendre qu'il soit voté pour respecter les valeurs qui sont les leurs. Mais c’est en discutant avec des amis qu’elles vont penser à un autre moyen d’avoir un bébé :

« On savait qu’il n’y aurait pas de parcours parfait pour nous puisque toutes les 2 ensemble, la génétique ne nous permet pas de faire un bébé. On a discuté avec des amis, qui avaient eux-même des amis qui avaient fait cela de manière « artisanale ». C’est-à-dire un copain qui avait donné son sperme dans un petit flacon, et que l’insémination s’était faite maison. »

Marie et Marie se retrouvent davantage dans ce type d’insémination, puisque c’est un don :

« On a trouvé que c’était une chouette idée, on aimait l'aspect non-rémunéré, alors on en a parlé entre nous. On avait envie d’un donneur qui soit déjà papa, pour ne pas qu'il regrette par la suite, et que ça soit très clair aussi depuis le départ puisque nous ne voulions pas partager cette parentalité. 

En échangeant, nous avons finalement trouvé en septembre une personne acceptant de faire ce don. Ça a fonctionné du premier coup... Notre bébé va arriver très prochainement ! »

Et grâce à l’adoption récente de la PMA pour toutes, la filiation évolue. La conjointe de la femme ayant porté le bébé pourra désormais établir le lien de parenté par le biais d’une reconnaissance conjointe anticipée durant la grossesse, devant un notaire.

Marion Cousin