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PMA pour toutes : « 1000€ l’essai, il faut quand même être privilégiée » (4/6)

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Publié le 13.07.2021 à 16h56 
(mis à jour le 13.07.2021 à 17h04)

LMDM consacre une série de portraits aux couples de femmes ayant recours à la PMA. Aujourd’hui, Bleuène et Mathilde nous racontent leur parcours vers la maternité. 

 

 

Si la crise sanitaire du Covid-19 a pu ralentir pour certains couples les projets de bébé, ce n’est pas le cas pour tous. Bleuène et Mathilde, elles, ont au contraire voulu profiter de ce temps pour concrétiser leur désir de fonder une famille. Mathilde raconte :

« Je suis danseuse professionnelle, donc avec la crise du Covid je me suis retrouvée avec beaucoup de temps disponible. »

Bleuène, médecin généraliste, se trouve entre 2 remplacements : la période est donc idéale pour les 2 femmes pour se lancer dans une PMA. Depuis Nantes, le couple décide de se tourner vers l’Espagne. Le temps d’attente y est notamment moins long qu’en Belgique, explique Bleuène :

« En fait, de "pas pressées", nous sommes passées à "pressées" car nous voulions profiter du temps que nous avions, et nous ne voulions pas attendre 6 mois de plus pour mettre en route la PMA. »

C’est Bleuène qui portera le bébé. Un choix qui aurai peut être été différent si la PMA avait été possible en France au moment où les 2 femmes ont mis le projet en route, explique Mathilde :

« Au prix et à la contrainte que c’était, on a voulu mettre toutes les chances de notre côté, et donc on a décidé que Bleuène porterait le bébé car elle est plus jeune. Si on avait pu le faire en France, peut-être que le choix aurai été différent. »

Le couple regrette de ne pas avoir pu faire un don semi-anonyme, trop coûteux, mais les 2 femmes savent cependant qu’elles sont déjà privilégiées de pouvoir faire cette PMA :

« On était intéressées pour faire un don semi-anonyme, avec une possibilité pour notre enfant de lever l’anonymat, mais c’est hors de prix. Il faut compter près de 15 000€ pour ce type de don ! Je pense qu’il y a des femmes qui n’envisagent même pas la PMA et qui se dirigent vers le don de sperme entre amis, ou par rencontre sur internet. 1000€ l’essai, il faut quand même être privilégiée ! »

Bleuène est aujourd’hui enceinte de 8 mois et va bientôt accoucher. Il faudra alors que Mathilde se lance dans de longues démarches d’adoption de leur futur bébé :

« L’adoption prend au moins 1 an et demi s’il n’y a pas de problème. À Nantes, on a de la chance, les jugements sont presque toujours en faveur. Géographiquement il y a de grosses différences. En Vendée par exemple, sans avocat ça ne passe pas. »

Bientôt mamans, Bleuène et Mathilde se souviennent des conseils qu’elles avaient reçus à l’APGL, l’Association des Parents Gays et Lesbiens, lorsqu’elles ont commencé à se renseigner sur les démarches d'une PMA :

« Au tout début quand on commencé à se renseigner, on était dans l’idée d’attendre que la loi passe en France.  C’est quand même beaucoup moins contraignants. Les filles de l’APGL nous ont dit : "On peut vous donner un conseil : si vous êtes prêtes, n’attendez pas !". Elles, elles attendaient depuis 2013, vu que c’était censé être dans la foulée du mariage pour tous ! »

Marion Cousin