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Petit frère, petite soeur : comment gérer l'ainé ?

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Publié le 04.01.2021 à 17h18 
(mis à jour le 04.01.2021 à 17h41)

Quand un nouvel enfant arrive dans une famille, les ainés peuvent être ravis de l'accueillir... ou pas ! Florence Millot psychologue, spécialiste des enfants et adolescents, nous donne ses conseils.

LDMD - À quel moment lui annoncer la nouvelle ?

Florence Millot - Souvent, ils le devinent quand même très vite. Il n’y a pas de règle, certains ont des superstitions. Mais à partir du 7ème, 8èmemois… il va falloir quand même le dire ! Oui, ça peut paraitre étrange mais on voit beaucoup de mamans qui ne veulent pas le dire, avec des enfants qui, du coup, changent de comportement.

Quand les grossesses sont rapprochées, comment en parler à l’ainé ?

Lui en parler avec des mots simples. Il faut parler à l’enfant mais sans vouloir trop expliquer les choses. On ne prépare pas vraiment l’arrivée. On observe plutôt s’il y a des changements de comportement, ou si à la naissance il se passe quelque chose. C’est un peu une « pensée magique » de croire que parce qu’on a expliqué à l’enfant, qu’on a lu des livres, qu’on a dit que tout allait bien se passer, que c’est forcément le cas. On a des attentes, on espère que tout va bien se passer. C’est très bien de vouloir parler, mais il faut aussi observer la réalité et de se réajuster.

Comment se préparer si l’ainé.e ne peut pas venir à la maternité en raison des conditions sanitaires ?

C’est important que la maman s’autorise à fantasmer ce qu’elle veut sur la rencontre, mais c’est vrai que la réalité sera peut-être différente, donc c’est important d’avoir plusieurs scénarios dans sa tête. Évidemment on ne peut pas s’empêcher d’être inquiète à cause du Covid-19, mais si l’on sent qu’on est bloqué dans cette imaginaire, on s’oblige à avoir une autre pensée.

Y a-t-il des âges où cela est plus facile pour l’enfant ?

Généralement, on dit que plus l’enfant est grand, plus cela est facile parce qu’il a moins besoin de ce contact maternel, du biberon, ect, mais il n’y a pas de règle. Si l’ainé exprime du mécontentement, n’oubliez pas que c’est aussi un point positif pour lui d’arriver à justement s’exprimer.

Je vais avoir un enfant avec mon conjoint qui a déjà une fille d’une précédente union. Je crains que ma belle-fille soit jalouse ou qu’elle se renferme sur elle-même.

On ne peut pas anticiper. On ne peut rien faire pour que l’ainé ne soit pas jaloux. Par contre, on peut accueillir la jalousie de l’enfant, c’est une posture différente. Lui dire : « si tu penses que ça ne va pas, que je m’occupe moins de toi, que tu te sens mal, dis le moi, on en parle ensemble ». Une fois que cette porte est ouverte, ça ne veut pas dire que l’ainé l’ouvrira toute de suite, mais il.elle sait qu’il.elle peut le faire.

La régression de l’ainé, c’est normal ?

L’ainé qui régresse, c’est très courant. Il faut être à l’écoute et ne pas le rejeter. Le prendre sur ses genoux, pourquoi pas lui donner un petit biberon, le « remplir » de son petit réservoir affectif, et la plupart du temps ça passera tout seul.

La rédaction de La Maison des Maternelles