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Parents : des droits mais aussi des devoirs

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Publié le 12.09.2019 à 17h02 
(mis à jour le 16.09.2019 à 15h15)

Peu de personnes connaissent la loi concernant les relations parents / enfants. Et vu que nul n'est censé l'ignorer, voici un éclairage sur les droits et les devoirs des parents.

Dois-je reconnaître mon enfant pour exercer l’autorité parentale ? Est-il possible de changer de nom ou de prénom ? Suis-je obligé de donner de l’argent de poche à mes enfants ? Ces questions que peuvent être amenés à se poser de nombreux parents, Jean-Pierre Rosenczveig  et Pierre Verdier y répondent dans un livre, qu’ils cosignent, Parents : vos droits, vos obligations, aux Éditions de l’Archipel.

Cet ouvrage apporte un éclairage sur les devoirs qu’ont les parents envers leurs enfants mais aussi leurs droits et permet, de mieux comprendre les notions de « responsabilité parentale » et « autorité parentale ». Jean-Pierre Rosenczveig, qui a été président du tribunal pour enfant de Bobigny pendant plus de 20 ans, définit ainsi cette dernière notion :

« L’autorité parentale est une liberté surveillée. C’est un ensemble de droits et de devoirs qui sont confiés aux parents. C’est arbitraire au sens où ils ont le droit de décider de ce qu’ils veulent. Et personne ne vient leur dire qu’il faut que les enfants se couchent à telle heure, ou qu’ils soient habillés de telle manière… Donc c’est arbitraire, mais ce n’est pas un pouvoir absolu, c’est une fonction. »

Quand on lui demande si la fessée, les châtiments corporels relèvent de la liberté des parents à éduquer leur enfant comme ils le souhaitent, le magistrat n’est pas d’accord :

« Souvent cela commence par des fessées, et des gifles et cela se termine par des coups. Deuxièmement ce n’est pas seulement la question des châtiments au sens des coups, mais du rapport avec les enfants, les humiliations, les vexations. Beaucoup de la violence qui est exercée à l’égard des enfants ne concerne pas des coups portés. »

Le magistrat rappelle notamment la loi concernant les violences éducatives :

« Il y a déjà 27 pays de l’Europe qui pensent, à l’initiative de la Suède, que l’on peut éduquer les enfants sans les frapper et qui viennent rappeler cela aux parents [actuellement, 27 des 47 pays membres du Conseil de l'Europe ont adopté une législation interdisant en toutes circonstances d'infliger des châtiments corporels aux enfants, NDLR]. Non pas en les punissant si jamais il y a une gifle ou une fessée qui dérape, mais en leur rappelant que ce n’est pas comme ça que l’on doit faire. D’ailleurs l’immensité des parents n’élève plus leurs enfants en les frappant. »

Et s’il est une question qui importe aux yeux de Jean-Pierre Rosenczveig, c’est celle du rôle des beaux-parents dans la sphère familiale. Il a pu voir évoluer les schémas classiques des familles et pense qu’il est indispensable, aujourd’hui, que l’État et la société légifèrent sur le rôle du beau-père ou de la belle-mère qui partagent le quotidien d’un enfant mais n’ont pas, actuellement, de droits sur ce-dernier, uniquement des devoirs.

« En termes de chiffres cela concerne 8 millions de personnes, soit 8 % de la population. C’est quelque chose qui est bien plus préoccupant que la revendication d’être parent à travers la PMA et la GPA. Le problème c’est que les législateurs qui nous suivent, depuis 20 ans que nous les alertons, sont incapables de faire un texte, de faire une loi, pour venir dire : au sein de la famille, celui qui est en charge habituellement d’un enfant -pas celui qui croise le parent 1 ou 2 nuits- celui qui vit avec l’enfant, est en droit et en devoir d’exercer au quotidien les actes de la vie courante. »

La rédaction de La Maison des Maternelles