france.tv

Parent surprotecteur : quels risques ?

5 min de lecture
Publié le 18.10.2021 à 17h47 
(mis à jour le 18.10.2021 à 18h01)

Aline Nativel Id Hammou est psychologue clinicienne à Nanterre. Elle répond à nos questions sur la surprotection.

LMDM - Quels conseils peut-on donner aux parents surprotecteurs pour essayer de lâcher prise ?

Aline Nativel Id Hammou - Ça peut mener à une forme d’épuisement, de charge mentale. Ce qui peut permettre de sortir un peu de ce fonctionnement c’est reprendre sa vie personnelle, voir ses ami.e.s, sortir… Dans le témoignage de Johanna, elle parle aussi de sa propre enfance, du fait d’avoir elle-même eu un « papa poule » : peut-être se remettre à hauteur d’enfant, chercher dans sa mémoire et se demander si cela était vraiment si bien que ça d’avoir tout le temps ce père dans le contrôle et dans la maitrise, pour revoir son ressenti en tant qu’enfant ? Quels étaient les bénéfices à avoir un parent hyper protecteur ?

Être trop protecteur peut-il avoir des conséquences sur la vie sociale de l’enfant ? 

Malheureusement oui. Il peut y avoir une marque de non-confiance envers les autres. Il faut essayer d’aider l’enfant à aller vers les autres, vers les enfants de son âge, progressivement, vers la famille, pour que l’enfant s’ouvre davantage socialement. On ne peut pas reprocher à un parent de donner « trop » d’amour à son enfant, mais il faut que l’enfant puisse se dire que d’autres personnes pourraient aussi donner de l’affectivité différemment.

Le fait pour une mère ou un père d’être en hyper vigilance constamment, cela peut augmenter le risque de burn-out parental ?

Tout à fait, il y a une grosse charge mentale. Etre hyper vigilant, c’est tout maitriser, tout contrôler. Ça amène une forme de parentalité « parfaite » avec beaucoup de pression sur le quotidien. La moindre « erreur » peut alors être très dur à gérer.

Qu’est-ce qui pousse un parent à surprotéger son enfant ? 

Très souvent, ça vient de sa propre histoire de vie, ce qu’il s’est passé quand on est enfant, des traumas spécifiques, des situations d’agression dans un contexte de vie, mais aussi l’actualité, ce qu’il se passe dans la société… Les parents anxieux ne sont pas aidés avec le monde aujourd’hui.

Un enfant surprotégé peut-il rejeter la relation avec son parent à l’adolescence ?

Tout dépend, à l’adolescence, soit il y a un conditionnement qui va rester, avec des règles. Ou bien d’autres enfants vont exploser et dire ça suffit, vont se mettre en opposition très forte. Dans ce cas là, ça peut exploser très fort.

Pouvez-vous donner 3 conseils aux parents surprotecteurs ?

  • Commencez par prendre en compte ce que ressent votre enfant : comment lui vit les choses ?
  • Écoutez son entourage et sa bienveillance. La plupart du temps, ils essayent de rassurer et sécuriser le parent anxieux.
  • Equilibrez sa vie d’adulte et sa vie de parent.
La rédaction de La Maison des Maternelles