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Papillomavirus, toutes concernées !

Publié le 26.03.2019 à 15h29 
(mis à jour le 09.04.2019 à 18h04)

Le papillomavirus est un virus sexuellement transmissible, sans danger dans la majorité des cas. Mais s’il n’est pas dépisté et traité, il peut dégénérer en cancer du col de l’utérus.

Papillomavirus, qu’est-ce que c’est ? 

Le papillomavirus est une infection sexuellement transmissible très contagieuse. La transmission se fait principalement par contact intime, de peau à peau, même sans pénétration. Un grand nombre de personnes vont être en contact avec ce virus et l’éliminer sans même s’en rendre compte. Un processus que l’on doit aux défenses immunitaires. 

En France, le cancer du col de l’utérus, qui peut être causé par le papillomavirus, représente 3068 nouveaux cas par an environ et 1067 décès. Les chiffres ne cessent de diminuer depuis les années 80 grâce au dépistage par frottis. Un cancer met en général plus de 15 ans à se développer à partir de l’infection par le papillomavirus. 

Il existe différents types de papillomavirus (environ 200) et ils ne vont pas tous causer, par la suite, un cancer. Certains peuvent entraîner des verrues (condylomes) sur la vulve, l’anus, le col de l’utérus… Mais il s’agit de lésions bénignes. 

En revanche, d’autres types de papillomavirus peuvent causer des lésions qui peuvent évoluer en cancer. Celles-ci sont asymptomatiques, d’où l’intérêt des frottis réguliers.

Le dépistage important pour diagnostiquer le papillomavirus

Les experts recommandent de faire des frottis réguliers à partir de 25 ans et jusqu’à 75 ans.

Si le frottis est anormal, on va procéder à une colposcopie. C’est un examen du col à l'aide d'une loupe et d’une solution qui va changer de couleur en fonction des modifications de la muqueuse, pour délimiter la zone atteinte. On va ensuite réaliser une biopsie, c’est-à-dire prélever de petits fragments du col qui seront analysés en laboratoire. 

Soit il y a des lésions de bas grade et il faudra surveiller avec un frottis 1 an après, soit les résultats révèlent la présence de lésion de haut grade et un traitement devra être mis en place.

Par ailleurs, le dépistage généralisé du cancer du col de l’utérus a été lancé en France au début de l’année 2019. Un peu comme pour le cancer du sein, toutes les femmes de 25 à 65 ans vont être invitées à pratiquer un frottis vaginal tous les 3 ans. Il sera pris en charge à 100 % par la Sécurité sociale.

Les traitements possibles 

Si les résultats s’avèrent mauvais, il est possible de subir une opération du col de l’utérus. Dans le cas des lésions de haut grade, on fera une conisation, c’est-à-dire un prélèvement de la partie du col où se trouvent les lésions. C’est une opération qui se fait sous anesthésie générale. Plusieurs mois après, une colposcopie est pratiquée afin de vérifier que l’opération a bien tout retiré et qu’il n’y a plus de lésion sur le col. 

En cas de lésions légères, on peut traiter les condylomes, situés sur le périnée externe avec une crème qui va les brûler. Pour les condylomes situés en interne, on pratiquera du laser. 

Chez les hommes qui peuvent être porteurs du virus, le système immunitaire l’élimine la plupart du temps. Il n’y a donc pas de traitement systématique du conjoint en cas d’infection dans un couple. 

Le papillomavirus enceinte, comment ça se passe? 

Si le papillomavirus est détecté lors de la grossesse, il est difficile d’agir. On ne peut pas faire de laser pendant cette période. Dans ce cas, il est important d’éliminer la lésion cancéreuse. Si c'est une lésion précancéreuse, elle sera uniquement à surveiller de près. 

Pendant la grossesse, la femme est immunodéprimée ce qui fait que les lésions peuvent être majorées mais après l’accouchement, il y a de fortes chances que le système immunitaire élimine le virus. 

Dans de très rare cas, on fera une conisation pendant la grossesse, mais normalement, l’opération est à éviter. 

Il y a assez peu de chance de transmettre la maladie au bébé. Normalement, le virus ne remonte pas dans le col. Lors de l’accouchement par voie basse, le bébé peut être en contact avec le papillomavirus mais le risque est assez faible. Dans de rares cas, il peut y avoir un risque de contamination au niveau de la trachée du bébé, c’est une papillomatose et cela peut provoquer des troubles respiratoires. Cela reste très rare, 1/10 000 cas. C’est pourquoi le plus souvent on ne traite pas la femme enceinte. 

La meilleure des armes : la vaccination !

La recommandation dans un premier temps est de vacciner toutes les jeunes filles de 11 ans à 14 ans. Ensuite, il y a un rattrapage jusqu’à 19 ans. La vaccination doit se faire avant le premier rapport sexuel. S’il y a déjà eu des rapports, l’impact du vaccin est moindre car il a peut-être déjà été en contact avec le virus. 

Concernant la vaccination des jeunes hommes, elle n’est pas encore en place même si les pouvoirs publics y réfléchissent. En Australie, par exemple, les jeunes hommes sont aussi vaccinés et on a remarqué une diminution des lésions précancéreuses et donc des cancers du col de l’utérus. 

La rédaction de La Maison des Maternelles