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Papa grâce à une GPA éthique aux États-Unis

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Publié lundi dernier à 17h27 
(mis à jour mercredi dernier à 11h53)

Le journaliste et animateur de télévision Christophe Beaugrand a ressenti très jeune l’envie de devenir père. Mais à l’instar de nombreux couples d’hommes homosexuels, son désir de paternité s’est heurté à la loi française, qui interdit la Gestation pour autrui. 

Un parcours du combattant

Depuis l’ouverture au mariage pour tous, les couples homosexuels ont le droit de recourir à l’adoption. Malheureusement, dans les faits, cela demeure difficile, ne serait-ce de par le refus de nombreux pays de leur autoriser l’adoption. Christophe et son compagnon, Ghislain, se sont donc tournés vers une GPA éthique aux États-Unis, le début d’un long parcours : 

« En France, il n’y a pas de référence pour s’informer. Quand on cherche sur internet, on tombe vite sur des filières obscures en Inde ou en Ukraine. On a avancé beaucoup grâce au bouche-à-oreilles, grâce à des forums, des amis. Assez vite on a compris qu’il n’y avait pour les couples homosexuels que 2 pays où l’on pouvait réaliser une GPA dans le respect des femmes, dans la légalité la plus totale, avec une assurance juridique : aux États-Unis et au Canada. »

Cette pratique est interdite en France et elle est souvent mal connue. Christophe et son conjoint se sont tournés vers une GPA éthique aux USA :

« Il y a une enquête sur nous, les parents d’intention. En plus de la mère porteuse, il faut trouver une donneuse compatible car l'ovocyte ne peut pas être celui de la mère porteuse.Et surtout, pour éviter la marchandisation des corps,et pour que le don prime dans l’échange, les agences de mères porteuses exigent qu'elles soient indépendantes financièrement. Elles ne doivent pas être poussées par la misère et c’est elles qui choisissent le couple qu’elles veulent aider. »

Une grossesse de l'autre-côté de l'Atlantique

Du choix de la donneuse et de la mère porteuse à la procédure de fécondation in vitro et au transfert d’embryon, le parcours aura pris un peu plus d’1 an avant ce fameux coup de fil qui a changé la vie du couple : 

« Whitney, la mère porteuse devait nous appeler mais ça tombait en plein tournage d’une émission ! J’ai dû m’éclipser quelques minutes pour une visio surréaliste avec d’un côté Ghislain à la maison, de l’autre, Whitney et Jacob, son mari, dans leur jardin à Las Vegas et moi maquillé comme une voiture volée sur un plateau avec de la musique à fond et des projecteurs qui scintillent. Whitney nous a dit : « We are pregnant ! » J’ai cru que mon cœur allait bondir hors de ma poitrine ! »

Le bébé de Christophe et Ghislain a grandi dans le ventre de Whitney a des milliers de kilomètres de ses parents. Et pourtant, le couple a pu prendre part à cette grossesse et commencer à se projeter en tant que futurs papas : 

« On enregistrait des messages vocaux pour que notre bébé puisse entendre nos voix, connaitre la langue française… Jacob filmait Whitney quand elle découvrait nos messages. On a vu notre bébé donner un coup de pied en écoutant « l’araignée gipsy ». Et on a pu être là pour l’échographie du 5ème mois. Une incroyable émotion. »

Les premiers pas de papas

Un mois avant la date prévue du terme, coup de téléphone de Whitney. Le jour J va arriver plus vite que prévu : 

« On s’est précipité pour prendre des billets d’avion. On voulait absolument être là. Après tant d’attente, de lutte, d’angoisse, d’espoir, d’amour... on ne pouvait pas manquer ce moment de la naissance de notre bébé. Heureusement, Whitney a accouché le lendemain de notre arrivée. »

Comme tous les jeunes parents, Christophe et Ghislain ont découvert leur rôle de pères et ils ont pu compter sur le soutien d’une infirmière qui les a pris sous son aile : 

« C’était incroyable. On se retrouve dans la salle de travail avec les médecins, les infirmières, mais aussi Whitney, Jacob, Ghislain, moi. Tout le monde est réuni, c’est une réunion d’amour autour de ce projet. Whitney était déjà maman de 3 enfants, donc l’accouchement a été très rapide. Quand on a vu notre bébé arriver, on l’attendait depuis tellement de temps… On l’a posé sur le ventre de Whitney. La docteur nous a dit : « allez-y, vous pouvez le tocuher ! » et il s’est tout de suite accroché à nos doigts. Je me souviens de Ghislain, qui s’est effondré dans les bras de Jacob, qui l’a remercié, et moi je suis tombé dans les bras de Whitney, je lui ai dit : « Tu n’imagines pas à quel point tu as changé notre vie » C’est incroyable ce don d’elle-même qu’elle a fait. J’ai encore reçu des messages me disant : « Vous devriez avoir honte, vous esclavagez les femmes ! » Cette femme a été une bonne fée dans notre histoire ! On a gardé le contact avec elle, elle fait partie de la famille. C’est une histoire d’amour. »

Christophe Beaugrand a raconté son histoire dans son livre « Fils à papa(s) » édité chez Plon.

La rédaction de La Maison des Maternelles