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Obésité infantile : « On m’insultait tous les jours »

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Publié le 26.11.2021 à 12h23 
(mis à jour le 26.11.2021 à 15h50)

Dès son plus jeune âge, Florence a connu le surpoids puis l’obésité et les moqueries qui vont trop souvent avec. Elle témoigne sur ce parcours. 

Une souffrance quotidienne

Florence commence à prendre du poids vers 6 ans. Elle est certes gourmande mais à 10 ans, on lui découvre des problèmes de thyroïde.

À 12 ans, elle est à la limite de l’obésité et à 14 ans, elle est en obésité sévère avec 95kg pour 1,55cm. Aucun autre membre de sa famille n’est en surpoids. La mère de Florence l’encourage à faire du sport pour perdre du poids. Mais cela a pour effet de la dégoûter du sport : 

« Faire courir une gamine de 7 ans en lui expliquant que c’est pour son bien mais sans aucun but, ça n’a pas de sens. « Tu te sentira mieux dans ton corps ! » à 7 ans, c’est un concept qui n’existe pas. C’était la même chose à l’école : demander à un élève obèse ou gros d’avoir les mêmes performances physiques qu’un élève de poids normal ou sportif, et nous noter, c’est cruel. J’ai eu de moins en moins envie de montrer mon corps en train de bouger parce que j’avais conscience de ne pas ressembler aux autres filles. J’ai donc arrêté petit à petit de faire des activités physiques. »

Florence souffre du jugement et du manque de bienveillance à son égard et de la grosssophie de la société entière, enfant comme adulte : 

« À 10 ans, j’ai changé d’établissement scolaire et c’est là que les insultes ont commencées. Les enfants ont été super virulents. On m’a traité de « grosse vache », on m’a dit : « tu dois flotter dans l’eau avec ta graisse ! », « si je te pousse dans les escaliers, tu roules ? »… Et j’en passe… Au collège, ça a été l’apothéose. C’était des insultes tous les jours. Et il n’y avait pas que les enfants. Les adultes aussi avec des regards de dégoût, des non-dits très malaisants. »

45 kilos en un an et demi

À 15 ans, souffrant de plus en plus du regard des autres et des insultes, Florence décide de maigrir, non pas pour être mince mais pour que les insultes s’arrêtentAprès avoir écarté l’hôpital scolarisé pour jeunes obèses, Florence décide de perdre du poids seule avec l’aide d’un nutritionniste : 

« J’étais persuadée que je pouvais le faire par moi-même. J’avais la rage en moi. J’ai suivi les menus du nutritionniste à la lettre. Ma mère me faisait des repas à part. Il fallait tout peser. Évidemment, j’ai arrêté très vite la cantine scolaire car ce n’était pas possible. Le premier mois j’ai perdu 5 kg. »

1 ans ½ plus tard, après beaucoup d’effort, Florence a perdu 45kg. Un amaigrissement spectaculaire que reconnaissent ses camarades de classe. Pour autant, sa confiance en elle reste difficile pour la jeune fille : 

« Je me trouvais bien, jolie, même si je n’osais pas le dire à l’époque. Mais voir comment on est réellement, ça prend du temps. Il y a une dysmorphophobie qui se développe. J’ai porté ma première jupe à 23 ans. J’ai mis du temps, des années avant d’avoir confiance en moi et aux autres à cause des insultes et humiliations que j 'avais subies. »

Pour aider les gens en surpoids à comprendre leur corps et à perdre du poids, Florence a créé une chaine Youtube « La méthode Clé » 

La rédaction de La Maison des Maternelles