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Montessori, c’est quoi ?

4 min de lecture
Publié le 04.04.2019 à 13h32 
(mis à jour le 17.05.2019 à 10h33)

Difficile de passer à côté de la méthode d'éducation Montessori. Mais d’où vient cette méthode ? Comment les professeurs l’appliquent en classes ? 

Si la méthode Montessori est très en vogue aujourd’hui, elle ne date pourtant pas d’hier. Il faut remonter au début du vingtième siècle pour trouver son origine. Maria Montessori est alors médecin et pédagogue italienne. Elle s’intéresse aux enfants, et particulièrement à un projet d’éducation nouvelle. Nous sommes en 1935. Maria Montessori publie L’Enfant, qui va devenir la bible de cette pédagogie inédite. Sa philosophie se résume en une phrase de l’Italienne :

« L’enfant n’est pas un vase que l’on remplit, mais une source que l’on laisse jaillir. »

Voici donc quelques principes de la méthode Montessori.

L’autonomie

C'est la pédagogie de l’autonomie. Charlotte Poussin, auteure d'ouvrage de référence et grande spécialiste de la méthode Montessori explique : 

« Le principe est que chaque enfant porte en lui un élan vital qui le pousse à se tourner vers ce vers quoi il va apprendre. Très souvent, nous sommes trop dirigistes avec les enfants. On a un projet pour eux, on sait ce qu’on veut leur mettre dans la tête. Là, non ! À l’inverse, on place l’enfant au centre, dans un environnement extrêmement riche, stimulant, avec du matériel scientifiquement élaboré. Il est libre de choisir. »

Un matériel adapté

Pour que l’enfant s’approprie certains concepts dès son plus jeune âge, Maria Montessori pense qu’il faut qu’il manipule des objets. Ainsi on va lui apprendre le calcul, et à se représenter des chiffres, l’unité, la dizaine -notions assez abstraites- à l’aide de perles. L’apprentissage de la lecture et de l’écriture est, lui, facilité grâce à l’aide des lettres rugueuses. Elles permettent aux écoliers de se familiariser avec l’alphabet de façon sensorielle.

Enfin, si l’on veut parler de la planète Terre à un enfant, alors on lui présentera un globe terrestre. Il peut ainsi expérimenter nombre de concept en utilisant d’autres sens, et alors, les intégrer plus naturellement. 

L’autodiscipline

Pas de cri ni de punition dans une classe Montessori. Si l’enfant parle trop fort, alors l’éducateur va baisser la voix pour le pousser à l’imiter. L’adulte ne sanctionnera jamais, mais va plutôt pousser l’enfant à trouver lui-même ses erreurs.

Adaptation au rythme 

Tout le monde n’a pas le même rythme à l’école, et encore moins dans une classe où les âges sont mélangés. Dans une classe Montessori, l’éducateur s’adapte. Il n’existe pas d’enfant « lent » ou « rapide ». Certains vont avoir des moments de concentration qui varient dans la journée, en fonction des activités proposées ou de leur âge. 

La communauté

La méthode Montessori permet, selon Charlotte Poussin, de développer un sens de la communauté chez les écoliers. La spécialiste explique : 

« Les enfants vivent en communauté dès le plus jeune âge et sont regroupés entre tranches d’âges. Ils restent 3 ans dans la même classe et du coup les petits sont stimulés par les grands tandis que les grands consolident leurs connaissances et développent des qualités sociales extraordinaires en s’occupant des petits. Il y a une prise en compte des besoins de l’autre et ils sont très attentionnés les uns envers les autres. »

Enfant roi ?

Plus d’estrade, plus de bancs, l’enfant au cœur des attentions. Est-ce néfaste pour ce dernier ? Charlotte Poussin répond : 

« L’enfant choisi son activité. Cela ne veut pas dire qu’il fait tout ce qu’il veut. Cela veut dire que c’est un enfant qui veut ce qu’il fait. Mais il va, à terme, faire tout ce qui est proposé dans la classe parce que le rôle de l’enseignant c’est aussi de l’attirer, de le stimuler et de lui donner envie. »

La rédaction de La Maison des Maternelles