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"Mon ventre est sorti en 1 nuit" : quand le déni de grossesse change une vie

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Publié le 31.01.2020 à 11h13 
(mis à jour le 04.02.2020 à 11h20)

En découvrant sa grossesse à 2 mois du terme, Lena a vu sa vie basculer. À 18 ans, cette étudiante a vécu un déni de grossesse. Son témoignage nous donne l’occasion de revenir sur ce sujet encore mal connu. 

Selon le Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF), chaque année, en France, 600 à 800 femmes seraient concernées par un déni de grossesse partiel ou total. 

Petit rappel 

On parle de déni de grossesse pour qualifier le fait d’être enceinte sans avoir conscience de l’être. Le corps ne présente pas les changements habituels qui sont ceux d’une femme enceinte. Le déni partiel désigne les grossesses découvertes après le premier trimestre, le déni total celles qui sont découvertes à l’accouchement. Dans le cas de Lena, c’était un déni partiel. Elle raconte :

« J'avais 18 ans. Ma mère entre dans la salle de bain et, en me voyant, elle me fait remarquer que j'ai pris de la poitrine. Elle me conseille alors de faire un test de grossesse. Je fais le test, positif, qui annonce "3 semaines et plus". C'était impensable ! Je n'avais pris aucun risque, je prenais la pilule, je ne l'avais jamais oubliée, ni vomie.»

Suite à cette découverte, Lena prend alors rendez-vous, avec l'aide de ses parents, chez une gynécologue pour faire une échographie de datation :

« Après le test, je me rends chez un gynéco pour une échographie de datation. C'est alors que l'on nous annonce que je suis enceinte de six mois et demi. »

Un bouleversement 

Apprendre un déni de grossesse est un choc psychologique important pour une femme, quel que soit son âge, et même si celle-ci est déjà mère. Il est bien plus difficile de se préparer à l’arrivée du bébé, et certaines femmes se sentent totalement démunie face à cette découverte. La culpabilité peut aussi être forte. Lena explique même qu’elle n’a jamais pris réellement conscience de sa grossesse :

«  Je ne me suis pas sentie enceinte, encore maintenant lorsque je croise une femme enceinte dans la rue, je n’ai pas l’impression d’être passée par cet état. J’ai vécu cette grossesse dans une sorte de brouillard et j’en ai très peu de souvenirs. »

Il arrive souvent, lors des cas de déni partiel, que le ventre grossisse subitement après la révélation de la grossesse. Autre bouleversement pour une jeune femme comme Lena : 

« Je suis rentrée chez moi après l’échographie, j'étais sous le choc. Je suis allée me coucher et le lendemain matin, en me levant, je me suis aperçue dans le reflet d'une vitre : j'étais abasourdie ! Mon ventre était sorti dans la nuit, j’étais enceinte de six mois et demi. » 

Et après la naissance ? 

Les premiers jours, voire les premiers mois avec son bébé après un déni peuvent être compliqués à vivre. Que ce soit avec les réactions de l’entourage, qui parfois ne comprend pas ce phénomène, ou l’adaptation brutale à la vie avec un nouveau-né. Lena a connu une très forte angoisse d’être prise pour une mauvaise mère :

« La deuxième nuit, les infirmières ont mis ma fille en pouponnière pour que je puisse me reposer. J’ai passé la nuit à pleurer en pensant qu’on me retirait mon enfant parce que je ne savais pas m’en occuper. Quand on fait un déni de grossesse, les gens partent du principe qu’on sera de mauvais parents. Je l’entends encore aujourd’hui. »

Un cliché totalement faux car très souvent, le lien développé après un déni de grossesse entre la mère et son enfant est très fort. Lena, son compagnon et sa fille ont tous les 3 trouvé un bel équilibre :

« Aujourd’hui Charlie a deux ans et demi, elle attend avec impatience de rentrer à l’école. J’ai continué mes études. Je suis en troisième année de licence. »

à noter

Vous pouvez retrouver Léna sur son compte Instagram @deni_damour, elle partage ici des témoignages d’autres femmes ayant vécu des expériences similaires.
La rédaction de La Maison des Maternelles