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Mon fils a failli mourir d’un accident domestique

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Publié le 28.05.2021 à 16h51 
(mis à jour le 29.05.2021 à 09h52)

Florence, maman de 3 garçons, témoigne de ce qu’a vécu son benjamin, Narek, qui a passé plusieurs jours dans le coma après un accident domestique.

Le 18 juin 2018, Florence est au travail. Son mari est chez des amis avec leurs trois enfants : Sevan 7 ans, Zaven 4 ans et Narek 15 mois. Les deux benjamins jouent avec un portail sur rail. Ils s’amusent à grimper dessus. Zaven, lassé, s’en va. Narek s’accroche au portail qui finit par lui tomber dessus. Florence raconte :

« Mon mari a entendu le portail tomber et s’est précipité. Il voyait les mains de Narek qui dépassaient et a réussi à soulever le portail pour le retirer. Narek ne respirait plus quand il l’a ramassé par terre. »

Les pompiers arrivent rapidement sur place et transfèrent par hélicoptère le bébé à l’hôpital de Lyon. Narek est placé en coma artificiel car il a le crâne fendu d’une oreille à l’autre et une hémorragie cérébrale. Quand ils se présentent à son chevet, ses parents sont perdus :

« Il a l’air de dormir mais on ne sait pas s’il se réveillera un jour. »

Le pronostic vital engagé

Et les médecins ne sont pas optimistes :

« Ils nous rappelaient tous les jours que le pronostic vital était engagé et que même si notre fils se réveillait, il y avait un risque de grosses séquelles. Je cherchais du positif en me disant qu’ils l’avaient plongé eux dans le coma. Pour les médecins il n’y avait malheureusement aucune garantie que son cerveau continuerait à fonctionner. »

Narek doit alors subir une opération délicate pour évacuer le liquide céphalo rachidien de sa tête et baisser ainsi la pression qui endommage son cerveau. L’opération se déroule bien mais Narek est toujours dans le coma. Sa mère refuse de le quitter et va s’installer dans une chambre de la Maison du Petit Monde, une structure pour accueillir les parents d’enfants malades. Pendant que Florence est au chevet de son dernier, son mari va s’occuper des deux aînés :

« Moi je ne souhaitais pas quitter l’hôpital tant qu’il y était. On a donc eu une chambre à la Maison du Petit Monde, une vraie bouffée d’oxygène pour les parents d’enfants malades. Ça permet de ne pas avoir à s’occuper des choses terre à terre. Mon mari lui, a fait des allers-retours auprès de nos 2 grands (4 ans et 7 ans) restés avec les mamies.

C’est vrai que je les ai laissés, je n’étais pas capable de retourner chez moi sans Narek. Mon mari lui avait besoin de s’occuper des grands et moi je ne pouvais pas laisser mon petit. Finalement, on était complémentaires. »

Narek se réveille

Les jours passent et Narek se réveille doucement. Il passe une IRM qui révèle de nouvelles informations à ses parents :

« L’IRM révèle qu’il a des lésions cérébrales et donc en termes de séquelles, ça va de rien à plein de choses car la plasticité cérébrale à cet âge fait qu’il peut récupérer. Il avait une lésion qui correspondait à la main droite et au pied droit donc il pourrait boiter, ne pas pouvoir se servir de sa main droite, être aveugle d’un œil ou des deux (...) Narek a aussi une lésion du corps calleux, elle ne peut pas se réparer et ça peut entrainer des trouble dys, ou d’autres troubles d’apprentissage plus graves. »

Après 10 longs jours, Florence est enfin autorisée à prendre son fils dans ses bras :

« Quand l’infirmière me l’a donné j’étais soulagée mais je ne le reconnaissais pas. Il ne maîtrisait plus son corps, il était tout rigide. Il ne pouvait pas tourner la tête ni la tenir. Narek n’avait pas de voix et il était tout pâle. On lui a découvert un strabisme, avec tout ça je ne le reconnaissais pas. J’étais épanouie de le serrer contre moi et ça avait un effet dévastateur de ne pas reconnaitre son enfant. »

Le retour à la vie

Narek va ensuite se rendre dans un centre de rééducation, accompagné par sa mère. Là-bas le petit garçon va devoir tout réapprendre :

« Tous les jours, il voyait un kiné, une orthophoniste et une psychomotricienne. Il doit tout réapprendre. Alors il ne parlait pas avant l’accident mais il marchait et là il ne tenait même plus sa tête et ne tenait pas assis. Narek ne comprenait pas ce qui lui arrivait, il voulait se mettre debout mais tombait. On a dû lui faire porter un casque. »

Pendant 4 mois il réapprend à se lever, à s’asseoir, et… à marcher ! Narek va ensuite retrouver ses frères et sa maison et évoluer très vite. Aujourd’hui le petit garçon a repris une vie normale :

« Il est en petite section, ça se passe bien. C’est un petit garçon tout à fait normal. Il parle, il marche, il n’a pas de séquelles à la main droite. Il ne boite pas ! Concernant les troubles de l’apprentissage c’est trop tôt pour savoir mais je ne suis pas inquiète. On nous avait dit qu’il ne pourrait peut-être jamais écrire. Je vois qu’il reconnait les lettres qui composent son prénom et commence à compter. Et s’il est dyslexique et bien ce n’est pas grave, plein de gens vivent avec et on fera ce qu’il faut pour l’accompagner. »

à noter

Florence partage son expérience dans un livre « Attendez-nous », aux éditions Sydney Laurent.
La rédaction de La Maison des Maternelles