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Mon enfant refuse d’aller à l’école

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Publié le 02.09.2019 à 17h20 
(mis à jour mardi dernier à 18h08)

Cris, pleurs, colère… La rentrée peut être un cauchemar pour certains enfants. Emmanuelle Rigon, psychologue, livre quelques clés pour comprendre et aider les angoisses de votre enfant.

LMDM – Quelles sont les principales raisons pour lesquelles un enfant refuse d’aller à l’école ?

Emmanuelle Rigon - D’abord il y a les « primo refus », qui ont lieu lors de l’entrée en maternelle :

  • L’enfant est angoissé d’être séparé de son milieu habituel.
  • Le référent adulte est partagé avec d’autres enfants.
  • Une notion de contrainte apparaît avec un peu de travail à faire et un peu de choses obligatoires à respecter.
  • L’enfant est moins materné.
  • Mauvaise expérience : rencontre brutale avec un autre enfant, la maîtresse a oublié son prénom…
  • Présence d’un petit frère ou d’une petite sœur à la maison ou chez la nounou. L’enfant ne comprend pas alors pourquoi il est le seul obligé à aller à l’école. 

Il y a ensuite les « deuxio refus », qui ont lieu après la première section. Là c’est souvent qu’il s’est passé quelque chose. Soit le changement de maîtresse n’est pas accepté, soit cela peut être un problème ponctuel avec d’autres enfants. Il faut alors faire une enquête auprès de l’enfant et de la maîtresse.

Quels sont les moments les moins bien vécus par l’enfant ?

Il est évident que le moment durant lequel le parent laisse l’enfant à l’école est difficile, mais il y en a d’autres. Celui du déjeuner est souvent mal vécu par l’enfant car il perd à nouveau ses repères. C’est finalement le temps de classe qui est le mieux vécu.

Que faire ?

Si tous les matins il râle, il pleure et qu’en discutant dans la classe tout va bien, il faut trouver des dérivatifs sur le chemin de l’école. Essayer un petit jeu, trouver des trucs. On peut négocier avec l’enfant. Voir ce qu’il aimerait faire à la maison avant d’y aller pour que ça lui adoucisse le réveil. On peut aussi installer un petit rituel. Quand c’est plus sérieux il faut vraiment consulter.

À quel moment faut-il intervenir ?

Si après un mois et demi d’école, l’enfant ne veut toujours pas aller à l’école il vaut mieux se tourner vers la thérapie. Une consultation n’engage pas une thérapie pour des années. Pour les tout-petits, cela m’arrive souvent de faire 1, 2 ou 3 consultations maximum. Les parents s’imaginent souvent que l’on part pour une thérapie pour des années mais non. Quand le problème est juste de ne pas trop avoir envie d’y aller cela passe vite, alors que si cela perdure c’est souvent que cela révèle d’autres choses.

En tant que parent, ai-je un rôle à jouer ?

On peut, si c’est possible, ne pas laisser son enfant à l’école le midi ou y aller dès la fin de la classe pour ne pas qu’il reste trop tard. Il faut que les parents soient convaincus que c’est bien qu’il y aille, et qu’il n’y a pas le choix. Pour les parents qui ont du mal, dire à l’enfant : « Pour moi non plus ce n’est pas facile de te laisser mais on va se retrouver ce soir. » Parfois aussi le parent est très content d’aller au travail et ça c’est insupportable pour l’enfant et donc il pourrit la vie du parent car pas content de voir qu’il y a un autre centre d’intérêt. Alors rassurez le sur l’amour que vous lui portez, expliquez que le travail on en a besoin pour vivre.

La rédaction de La Maison des Maternelles