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Mon enfant est timide, comment l'aider ?

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Publié le 28.04.2020 à 16h31 
(mis à jour le 29.04.2020 à 18h10)

Quand on lui parle, votre enfant rougit et regarde ses pieds, il peine à répondre aux questions et semble paralysé par sa timidité. Faut-il s'en inquiéter ? Comment l'aider à s'affirmer ? 

Emmanuelle Rigon est psychologue et auteure du livre J'ose pas, je suis trop timide aux éditions Albin Michel. Elle nous éclaire sur les raisons de l'inhibition de certains enfants et sur les meilleurs moyens de leur venir en aide. 

Quand parle-t-on de timidité ? 

Un petit enfant est la plupart du temps prudent, un bébé de 9 mois est la plupart du temps méfiant avec toutes les personnes qui ne sont pas sa mère. Mais cette phase n’est pas censée durer. On commence à parler de timidité au moment où l'enfant commence à entrer dans des relations extra-familiales. C'est sur son rapport aux autres que l'on pourra noter une réserve de sa part, des difficultés à aller vers autrui. « Il y a plein de manières d'appréhender le monde extérieur, la timidité en est une », nous explique notre spécialiste. Ainsi un enfant timide n'est pas anormal, c'est simplement son positionnement par rapport au dehors qui est plus prudent.  

Timidité héréditaire ? 

On peut se demander si des parents timides auront nécessairement des enfants eux aussi timides, ou bien si au contraire les enfants très à l'aise en société ont des parents particulièrement extravertis. Pour Emmanuel Rigon, l'hérédité n'est pas un facteur très important dans la timidité d'un enfant : 

« Elle est plutôt calquée sur les comportements que l’enfant voit autour de lui. Les parents qui présentent à leur enfant un monde extérieur impressionnant, auront parfois des enfants qui auront le même comportement qu'eux. Ceci dit ce n’est pas systématique : c'est une chose ou son contraire. Les enfant prennent parfois le contre-pied pour se démarquer des parents. » 

Aider son enfant timide 

  • Éviter les étiquettes 

Pour ne pas stigmatiser un enfant plus réservé ou inhibé, il est préférable de ne pas le ramener à sa timidité. Par exemple lorsqu'il peine à répondre aux questions qu'on lui pose où qu'il se cache derrière ses parents, il vaut mieux éviter le traditionnel « Ne fais pas ton timide ! ». Si d'une part cela ancre un trait de caractère dans son identité, cela lui rajoute également une pression supplémentaire. Car un enfant timide est anxieux du regard des autres et de leur jugement. De la même façon, forcer à dire bonjour un enfant trop jeune n'est pas non plus nécessaire, s'il se contente d'un signe de la main, c'est déjà très bien. 

  • Encouragements 

L'idéal, selon notre spécialiste, c'est de stimuler l'enfant avec des messages positifs, l'encourager. Il vaut mieux lui expliquer ce qu'il va se passer, lui rappeler des expériences précédentes qui se sont bien passées. Quand ils prennent la parole, il faut les encourager et les valoriser, pour qu'ils puissent se rendre compte qu'ils ne se mettent pas en danger lorsqu'ils s'expriment et que leur voix est importante. 

  • Les activités 

Le sport et les activités extra-scolaire comme le théâtre sont de très bon moyens d'aider les enfants timides à surmonter leur peur de l'autre. Le sport, qu'il soit collectif ou non, apporte une aisance psychomotrice qui aide à la confiance en soi, en ses mouvements. Cela permet aussi à l'enfant d'acquérir de nouvelles relations sociales, d'appartenir à un groupe. Le théâtre est une très bonne façon d'apprendre à s'exprimer, à extérioriser des émotions. Cela forme aussi à parler devant les autres, donne conscience de l'importance de sa voix. 

La rédaction de La Maison des Maternelles