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Mon enfant est diabétique

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Publié le 30.08.2019 à 11h08 
(mis à jour le 02.09.2019 à 11h21)

Le diabète de type 1 touche, chaque année 3 à 4 % d'enfants en plus. Une maladie chronique contraignante mais qui est très bien prise en charge.

Le diabète de type 1 c’est quoi ?

Le diabète de type 1 est, dans 95 % des cas, celui qui touche l’enfant. Il se déclare dans un organisme qui manque d’insuline, une hormone qui sert à réguler la glycémie, la concentration de glucose dans le sang. Si l’insuline n’est pas présente, elle empêche alors l’organisme de stocker le sucre et va entraîner un risque d’hyperglycémie au moment des repas.

Non traitée la maladie peut s’avérer très dangereuse et augmente, selon l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) de 3 à 5 fois le risque de faire un infarctus du myocarde. Mais, pas de panique, il existe de nombreux signes annonciateurs qui permettent, ensuite, de diagnostiquer très rapidement la maladie. Marc de Kerdanet est pédiatre et diabétologue à Rennes et dresse les quelques signaux avant-coureurs :

« Les signes pour détecter le diabète sont extrêmement simples : une grande soif et des urines abondantes ou une reprise d’une énurésie, d’un pipi au lit, qui ne se faisait plus. Ce sont les 2 signes les plus important à retenir. Et cela peut commencer au plus tôt vers 6 mois. »

Le traitement

Lorsque la maladie est détectée, l’enfant va devoir suivre un traitement à vie, comme l’explique le docteur :

« Concernant le traitement, on n’a pas le choix, il n’y a qu’un seul traitement et c’est l’insuline. Et il est vital. C’est-à-dire que si l’on n’obtient pas rapidement la mise sous insuline, vous avez un risque vital après une décompensation progressive vers un coma et le décès, qui malheureusement survient encore dans notre pays, plusieurs fois par an.

Jusqu’à présent le traitement est à vie. Il n’y a pas d’alternative à ces injections ou à l’utilisation de pompe pour mettre de l’insuline sous la peau. »

L’insulinothérapie peut être pratiquée par injections, l’enfant va donc recevoir plusieurs piqûres d’insuline tout-au-long de la journée. Mais, aujourd’hui, il existe un moyen moins contraignant pour suivre l’insulinothérapie : la pompe à insuline. Installée dans la peau grâce à un cathéter, et reliée ensuite à un boîtier qui contient un réservoir à insuline, elle fournit des doses régulières d’insuline en fonction des besoins.

Exit également les nombreuses piqûres du doigt pour mesurer le taux de glucose dans le sang et ajuster le traitement. Il existe désormais des lecteurs flashs qui permettent aux parents de vérifier la glycémie de leur enfant grâce à un capteur installé sous la peau qui effectue ses mesures régulièrement.

Vivre au quotidien avec le diabète

Si je suis diabétique je n’ai plus le droit de manger de chocolat ou de bonbon. Faux ! Le diabète est une maladie chronique, contraignante, mais qui ne va pas pour autant empêcher l’enfant d’être heureux, comme le rappelle le docteur de Kerdanet :

« D’abord, ce n’est pas parce que l’on mange des bonbons que l’on a un diabète. Ce qui est interdit aux enfants qui ont un diabète, c’est la bêtise ! ils n’ont plus le droit d’être bêtes, ils doivent réfléchir à ce qu’ils font. Ils peuvent tout-à-fait manger des bonbons, ça n’a aucune espèce d’importance tant que c’est dans un moment où c’est possible, sans déranger le taux de sucre. »

Pour le spécialiste, il est complètement possible d’intégrer la maladie au quotidien et de suivre un parcours de vie normal. Mais sans oublier que le diabète entraîne des contraintes, et que l’entourage et le grand public doivent être sensibilisés à ces problématiques :

« En moyenne le traitement représente quelques minutes le matin, le midi et le soir pour faire les soins, la recherche du taux de sucre, décider de ce qu’on va faire et analyser aussi la quantité de glucides qu’on va ingérer. Mais si vous avez en plus, un problème d’hypoglycémie dans la journée ou que vous devez changer le cathéter de votre pompe, cela commence à prendre beaucoup de temps. Les familles intègrent ces contraintes-là peu à peu mais il ne faut pas que le grand public oublie les contraintes que cela représente. »

La rédaction de La Maison des Maternelles