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Parole d'expert

Mon enfant a des TOC

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Publié le 28.09.2020 à 14h48 
(mis à jour le 30.09.2020 à 15h00)

En France, selon la Haute Autorité de Santé (HAS), entre 1 et 3% des moins de 16 ans souffrent de TOC, soit un enfant par classe.

TOC : Trouble Obsessionnel Compulsif

 Marie Perarnau nous explique que le diagnostic d'un TOC chez l’enfant repose sur deux choses :

« Les obsessions et les compulsions -que l’on peut aussi appeler rituel. L’obsession est une pensée qui va s’imposer à l’enfant et la compulsion est le geste ou le rituel destiné à évacuer tout le stress généré. »

Mais céder à cette compulsion ne fait qu’augmenter l’obsession pour la fois suivante. C’est un cercle vicieux.

L'entrée au CP et au collège, deux facteurs importants

Si les TOC peuvent survenir de façon anodine, on sait qu’ils sont aussi issus de la génétique. Lorsqu’un enfant en est atteint, il y a de grandes chances qu’un autre membre de la famille en souffre aussi, même à une moindre échelle.

80% des adultes qui souffrent de TOC ont débuté leur trouble dans l’enfance ou l’adolescence. En moyenne, ces épisodes commencent à 6 ou 11 ans, comme explique Marie :

« On a vraiment deux pics avec cette entrée au CP et cette entrée au collège, dans la petite enfance et en préadolescence. Il y a toujours quelque chose qui va déclencher. Ça peut être anodin, mais on va le retrouver souvent dans ces deux moments de vie là. Les enfants dont les TOC ont débutés avant l’âge de 7 ans sont majoritairement des garçons avec des antécédents familiaux de TOC et l’association de tics [NDLR : les tics se manifestent le plus souveznt par des mouvements ou des sons soudains, brefs, répétitifs et incontrolés]. »

Les changements et la pression liés à ces deux périodes sont des causes fréquentes de TOC.

Ne faut pas confondre les TOC avec les tics.

« Les tics, ce sont des gestes qu’on va répéter plusieurs fois dans la journée : cligner des yeux, relever la tête, mouvements du visage… »

Les tics n’ont donc pas de rapport avec une compulsion ou une obsession :

« Les obsessions les plus fréquentes chez les enfants, ce sont la contamination, la peur d’un malheur pour soi ou pour les autres et la peur d’oublier quelque chose ou de faire des erreurs. »

« L’enfant peut devenir très agressif »

Être atteint de TOC, ce n’est pas seulement retourner voir si la cafetière est bien éteinte. Non, ces gestes et habitudes, lorsqu’ils restent raisonnables, sont inoffensifs.

Un TOC, c’est une souffrance, un trouble qui empêche de vivre sereinement. Ce peut-être la crainte de marcher hors des bandes blanches d’un passage piéton car une personne de ma famille pourrait en mourir, ou bien se sentir obligé de se laver les mains dès que l'on touche une surface, comme l'explique Marie :

« Ils sont souvent associés à d’autres troubles : un trouble anxieux, un trouble de l’attention, un trouble du comportement alimentaire, une timidité pathologique, voire d’autres troubles neurologiques. On va évidemment différencier les rituels du soir dont on a besoin et qu’on fait sans stress, de ces TOC qui sont accomplis dans une certaine lenteur et une certaine angoisse. L’enfant peut devenir très agressif s’il est interrompu dans sa phase de rituel. »

Il ne faut surtout pas aller à l’encontre des TOC d’un enfant, au risque d’aggraver la situation, mais il ne faut pas non plus y participer.

Pour aider un enfant atteint de ce trouble, les thérapies comportementales et cognitives sont conseillées, et éventuellement des traitements médicamenteux. L’association Aftoc (Association Française des personnes atteintes de Troubles Obsessionnels Compulsifs) aide les malades et leur famille à mieux comprendre cette maladie.

La rédaction de La Maison des Maternelles

Expert

Marie Perarnau

Maman blogueuse

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