france.tv

Mon accouchement express : « J'ai perdu les eaux dans la voiture »

5 min de lecture
Publié le 01.04.2019 à 16h06 
(mis à jour le 06.05.2019 à 16h29)

Une femme poussant des cris à l’arrière d’une voiture, ce n’est pas forcément une scène sortie d’un film d’horreur. Pour certaines, c’est aussi celle de leur accouchement.

En France, 5 accouchements sur 1000 se produisent de manière inopinée : dans les transports en commun, dans la voiture, dans un ascenseur, en avion…

Le risque est d’autant plus élevé en zone rurale, où les femmes doivent parfois faire plusieurs dizaines de kilomètres pour arriver à la maternité. Cependant, rassurez-vous, ces accouchements express restent rares.

Dans la plupart des cas, il est inutile de se précipiter aux urgences dès la première contraction, rappelle Hélène Malmanche, sage-femme à la maternité des Bluets à Paris :

« Il ne faut pas partir du principe qu’on va accoucher très vite, même si cela peut arriver. Pour un premier accouchement, il faut envisager de partir à la maternité lorsque vous avez des contractions régulières, douloureuses, toutes les 5 minutes et depuis au moins 2 heures. »

Mais alors que certaines passent de longues heures en salle de naissance, pour d’autres, tout est accéléré : « Les femmes qui accouchent de manière inopinée savent qu’elles accouchent, ce n’est pas qu’elles ne s’en rendent pas compte, c’est juste que cela va très vite » précise Hélène Malmanche.

Un bébé qui arrive plus vite que prévu, c’est ce qui est arrivé à Séverine, enceinte de son second enfant :

« J’étais à une semaine du terme, j’ai ressenti des symptômes que j’ai d’abord associé à une gastro, puis je me suis rendue compte que ce n’était pas ça, et les choses se sont accélérées. »

Son mari, Guillaume, la conduit alors à l’hôpital, à 45 minutes de leur domicile. Mais le bébé est en train d'arriver, comme le raconte Séverine:

« Au bout d’un moment, j’avais des contractions toutes les 3 minutes, puis j’ai perdu les eaux. J’ai réalisé à ce moment là qu’on irait pas jusqu’au bout… J’ai senti la tête, puis les épaules… C’est là où j’ai stressé, car je n’entendais pas mon bébé pleurer. »

Guillaume gère alors la situation :

« J’ai détaché Séverine, je l’ai aidé à retirer son leggins, Naelie est arrivée sur le siège, je ne l’ai pas regardé car je continuais à conduire. Je ne l’entendais pas, j’ai essayé de la stimuler avec ma main qui était libre, et puis au bout de quelques minutes, on l’a entendu pleurer. »

Ne pas entendre son bébé pleurer à la naissance peut être angoissant pour les jeunes parents. Cependant, Hélène, notre sage-femme, rappelle qu’il ne faut pas forcément s’inquiéter :

« Les bébés qui pleurent fort tout de suite et sont tout rose, c’est dans les films ! Les bébés sont plutôt légèrement bleutés, assez silencieux, certains peinent à crier. L’important c’est qu’ils respirent bien et qu’ils rosissent. »

Le couple arrivera finalement à l’hôpital quelques minutes plus tard, une équipe soignante les attendant pour prendre en charge Séverine et Naelie.

En résumé, face à un accouchement express :

  • Appeler en priorité les pompiers (ce sont les plus rapides à arriver) plutôt que de prendre sa propre voiture, au risque de se retrouver à accoucher seule dans son véhicule.
  • Si le bébé arrive, ne pas toucher au cordon, ni au placenta.
  • Sécher et couvrir le bébé (attention aux courants d’airs !), le mettre en peau à peau afin d’éviter qu’il n’ait froid.
La rédaction de La Maison des Maternelles