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Parole d'expert

Maternité, maison de naissance ou domicile : où accoucher ?

4 min de lecture
Publié le 05.10.2020 à 13h48 
(mis à jour lundi dernier à 13h43)

Aujourd'hui, les femmes peuvent faire le choix d'accoucher en maternité, maison de naissance ou à domicile. Quelle structure pour quels besoins ? Anna Roy, sage-femme, vous guide.

Si Anna Roy s'exprime sur ce sujet, c'est qui lui parait important que le choix du lieu d'accouchement soit réfléchi en amont :

« Je voulais en parler car c’est important et je pense qu’il y a beaucoup de gens qui se trompent sur le choix. C’est comme pour le choix d’un restaurant. Si vous aimez la tartiflette et que vous allez dans un restaurant du buddha bowl, vous allez être déçu. C’est exactement la même chose. Il faut prendre le temps de choisir. »

Il existe aujourd'hui 3 possibilités pour les futurs parents : maternité, maison de naissance ou à domicile.

Les maternités

  • Les maternités sont reparties en 3 niveaux : 1, 2 ou 3.

La classification des maternités sert à orienter les femmes vers le niveau qui lui semble adapté à sa situation, en fonction des risques établis durant la grossesse.

Les maternités de niveau 3 sont les plus médicalisées, elles accueillent les prématurés en dessous de 33 semaines d’aménorrhée et possèdent un service de réanimation. Elles prennent en charge les grossesses à haut risque, permettent aussi la réanimation des adultes et peuvent s’occuper de nouveaux-nés en situation de détresse grave. 

Les maternités de niveau 2 possèdent un service de néonatalogie sur place. Elles peuvent accueillir des prématurés à partir de 33-34 semaines d’aménorrhée. 

Les maternités de niveau 1 accueillent les futures mamans dont la grossesse et l’accouchement ne présentent, à priori, aucun risque. Le terme de la grossesse doit être au moins de 37 semaines d’aménorrhée.

Attention, même si votre choix se porte sur une maternité de niveau 1 en premier lieu, gardez en tête que ça ne sera peut-être pas possible, notamment si vous accouchez prématurément ou que votre grossesse présente des complications. Au contraire, certaines femmes ne rencontrant pas particulièrement de difficultés pendant la grossesse préfèrent tout de même choisir une maternité de niveau 3 car elles se sentent rassurées dans un environnement très médicalisé.

  • Les maternités peuvent être publiques, semi-privées ou privées.

Anna Roy rappelle :

 « Il faut savoir qu'hôpital public ne veut pas dire toilettes sur le palier et murs décrépis ! Vous avez des maternités absolument flambantes neuves avec des salles "nature" qui sont des maternités publiques ! »

L'avantage des maternités publiques est que vous n'aurez rien à payer. Ensuite, il existe des maternités "privées à but non-lucratif". Là-bas, la plupart des soins sont remboursés mais attention, renseignez vous. Certains services peuvent être facturés, comme la chambre seule par exemple. Enfin, les cliniques privées. Là, le tarif peut être très élevé. Prenez soin de vous renseigner sur les tarifs pratiqués et sur ce que peut rembourser éventuellement votre mutuelle.

  • Le label IHAB 

Le label IHAB, "Initiative Hopital Ami des Bébés" est un programme porté par l'OMS et l'Unicef, mettant le nouveau-né et sa famille au coeur du système de soins. Pour obtenir le label, les maternités doivent respecter 12 recommandations.

Les maisons de naissance

Bonne nouvelle : les maisons de naissances, qui étaient expérimentées en France depuis 2015, vont être pérennisées ! Leur réseau s'agrandit également, puisque 12 nouvelles structures devraient prochainement voir le jour.

Les maisons de naissance sont une alternative aux maternités pour les femmes qui souhaitent un accouchement physiologique. En effet, les structures n’ayant pas de médecin anesthésiste, les accouchements qui s’y déroulent sont physiologiques, donc sans péridurale.

Le suivi est effectué par la même sage-femme pendant toute la grossesse, et c'est aussi elle qui pratique l'accouchement. 

Il faut cependant respecter certaines conditions pour accoucher en maison de naissance :

  • La grossesse se déroule bien et ne présente aucun risque particulier,
  • La future maman attend un seul bébé, et non des jumeaux,
  • La future maman n’a jamais eu de césarienne,
  • La grossesse s’est déroulée normalement et est arrivée à terme,
  • Le bébé se présente par la tête,
  • Le travail débute spontanément, avant 42 semaine d’aménorrhée,
  • La maman et le bébé supportent bien le travail d’accouchement qui évolue de manière physiologique.

À domicile

L’accouchement à domicile est une pratique un peu marginalisée en France, elle ne concerne que très peu de naissance : 1046 en 2018. Anna Roy regrette que cette pratique ne soit pas plus encouragée : 

 « En France c’est encore une pratique marginal, mais ca ne devrait pas l’être, dans certains pays c’est courant. Il faut prendre ce sujet à bras le corps, et qu'on puisse permettre cela aux femmes ! Car aujourd'hui c’est possible mais les sages-femmes ne sont pas assurées, donc c'est très difficile de le pratiquer. »

La rédaction de La Maison des Maternelles

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Anna Roy

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