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Maman après 40 ans : tout sur les grossesses tardives

Publié le 26.03.2019 à 16h59 
(mis à jour le 09.04.2019 à 18h08)

C’est un phénomène en constante augmentation. En France, environ 5 % des grossesses concernent des femmes de plus de 40 ans. C’est deux fois plus qu’il y a 20 ans. 

Qu’est-ce qu’une grossesse tardive ? 

On emploie le terme « grossesse tardive » pour les femmes enceintes de 40 ans et plus de nos jours. Historiquement, la définition évolue. Effectivement, auparavant, on parlait de grossesse à un âge avancé à partir de 35 ans. Récemment, on parle aussi d’une nouvelle catégorie : les grossesses avec un âge extrêmement avancé. Il s’agit des femmes de 45 ans et plus. 

Les études en périnatalité en 1995 donnaient un taux de 2,3 % de femmes accouchant après 40 ans. En 2010, elles étaient 3,45 % et de 5 % en 2016.

Les raisons ? Il y a les progrès de la procréation médicalement assistée (PMA) mais aussi un vrai phénomène de société : les femmes font des enfants de plus en plus tard. Il y a tout un tas de raisons : grâce à la contraception, parce qu’il faut du temps pour installer une carrière, rencontrer le conjoint, se sentir prête.

PMA : jusqu’à quand ? 

Il faut savoir qu’en France, l’assistance à la procréation est prise en charge par la Sécurité sociale jusqu’à 43 ans. Les femmes qui ont un projet de grossesse au-delà de cet âge et qui ont besoin de la PMA s’orientent alors vers l’étranger. En Espagne, l’âge limite pour recevoir le don d’ovocyte est de 50 ans et dans certains pays cela être encore plus tardif. Par exemple, aux États-Unis, il n’y a pas de limite d’âge. 

Les chances d’être maman après 40 ans

Si à 40 ans on est encore jeune et en bonne santé, la fertilité, elle, diminue de façon importante. Par tranche d’âge, une femme de 35 ans a 66 % de chances de parvenir à avoir un enfant en 12 mois. Tandis qu’une femme de 40 ans a 44 % de chances, puis le taux chute à 20 % à 45 ans. 

Passé 40 ans, il est vivement recommandé, lorsque l’on veut se lancer dans une grossesse, de prendre rendez-vous pour une consultation préconceptionnelle. Effectivement, la plupart du temps, les femmes méconnaissent certains risques de la grossesse en âge avancé. Il est important qu’elles puissent poser leurs questions à des professionnels qui s’attardent sur les antécédents de leur patiente afin d’adapter le suivi idéal : diabète sous-jacent, hypertension, problème cardiaque éventuel, antécédents obstétricaux lourds… 

Une grossesse surveillée de près

Une grossesse tardive est aussi synonyme de surveillance rapprochée ! Le premier trimestre est toujours une période compliquée, et encore plus lorsqu’il s’agit d’une grossesse chez une femme de plus de 40 ans. En effet, le risque de fausse couche augmente parce que la qualité de l’ovocyte est liée à l’âge. Le nombre d’ovocytes qui ont des anomalies chromosomiques est plus important.

D’autres critères vont être surveillés :

  • La grossesse va être médicalisée et suivie par des médecins.
  • Officiellement, pour toutes grossesses, il y a 3 échographies à 12, 22 et 32 semaines mais compte tenu du risque de retard de croissance, il est préférable de faire une échographie supplémentaire à 28 semaines et une très proche du terme. S’il n’y a pas d’antécédent particulier et que c’est une grossesse naturelle il n’y a pas de suivi particulier obligatoire. En revanche, s’il s’agit de grossesses multiples ou par PMA, on instaure un suivi plus rapproché avec la mise en place d’un relais en ville par les sages-femmes à domicile. Elles vont pouvoir surveiller la tension, vérifier la bonne vitalité fœtale, parfois réaliser un monitoring. Elles ont aussi un rôle d’accompagnement car certaines femmes peuvent être stressées par cette grossesse. La dimension psychologique est très importante.
  • Le médecin peut donner un arrêt de travail beaucoup plus précocement que pour une grossesse classique.
  • Il y a une surveillance accrue de la tension et un dépistage récurrent du diabète gestationnel. 

Quels dépistages pour la trisomie ?

Il est vrai que lors d’une grossesse tardive, les risques de trisomie sont accrus. 

Historiquement, on proposait une amniocentèse aux femmes de plus de 38 ans et plus mais aujourd’hui, la performance du dépistage a augmenté. C’est le même dépistage que pour une autre grossesse, avec au premier trimestre la mesure de la clarté nucale et les marqueurs sériques. Si les résultats annoncent un risque intermédiaire c’est-à-dire un risque entre 1/250 et 1/1000 d’avoir un enfant trisomique, ou un risque important (entre 1/50 et 1/250) on complète par le DPNI, examen beaucoup moins invasif que l’amniocentèse, puisqu’on prélève l’ADN du bébé dans le sang de la mère. 

Les risques pour la maman et le bébé

Pour la maman, les principaux risques sont : 

  • L’hypertension artérielle comme la pré-éclampsie. C’est un risque que l’on retrouve particulièrement en cas de don d’ovocyte pour des raisons d’immunité. 

  • L’augmentation de diabète gestationnel et de la mortalité de la mère pendant la grossesse. C’est une chose rare mais des études montrent que le risque de décès maternel augmente de 12 % par année d’âge supplémentaire.

Globalement, après 45 ans, il y a une augmentation réelle de tous les risques, y compris la mort in utero notamment dans les 15 derniers jours avant le terme. C’est pour ces raisons que l’accouchement est parfois déclenché un peu avant le terme. 

Concernant l’accouchement, le taux de césarienne est de 40 % (que ce soit en césarienne d’urgence ou programmée). On recense également plus de présentations des bébés par le siège. Il y a aussi plus de risque de prématurité. Il peut y avoir une prématurité « spontanée », ou une prématurité « induite » : c’est-à-dire qu’à cause de l’hypertension ou de la pré-éclampsie, le personnel médical peut être amené à déclencher l’accouchement avant le terme. 

Enceinte après 40 ans, ménagez-vous !

Globalement les spécialistes constatent que les femmes sont plus fatiguées lors d’une grossesse après 40 ans. Elles sont généralement plus actives alors il est important de leurs expliquer que ce n’est pas une grossesse comme une autre. Ce n’est pas une maladie mais il faut vivre autrement. 

Elles récupèrent également moins vite après l’accouchement. Certaines ont tellement idéalisé la naissance et la maternité, qu’elles sous-estiment la fatigue engendrée par la naissance et le bébé. 

Enfin, s’il y a des risques, la grossesse tardive est très suivie par les professionnels de santé, de quoi rassurer les futures mamans de plus de 40 ans.

La rédaction de La Maison des Maternelles