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Maman ado : « Il n' y a pas de profil type »

Publié le 19.01.2021 à 15h44 
(mis à jour le 21.01.2021 à 15h11)

Le docteur Lauru, psychiatre et psychanalyste spécialiste de l’adolescence, analyse ce qui pousse certaines adolescentes à devenir maman alors qu'elles sont encore adolescentes. 

LMDP - Y a-t-il un "profil type" de ces jeunes femmes qui ont des enfants à l’adolescence ?

Docteur Didier Lauru – Non. L’idée qu’il y aurait un profil type d’une jeune femme qui tomberait enceinte ou qui mettrait un enfant au monde est fausse. Il y a différents profils :

  • Les jeunes filles qui sont en dehors des histoires de contraception, comme une négation de devenir enceinte.
  • Celles pour qui la grossesse est un accident.
  • Les jeunes filles dont les mères ont eu des enfants jeunes elles-mêmes.
  • Il y a aussi les jeunes femmes issues de l’immigration où les grossesses sont admises plus tôt culturellement.

Peut-on extrapoler une cause psychanalytique de ces maternités précoces ?

L’élément déterminant c’est le fantasme, même toute petite, une petite fille s’identifie à sa propre mère et est dans un désir naissant d’avoir un enfant un jour. Et elle comprend vite qu’un enfant ne peut pas avoir d’enfant et quand on devient ado et qu’on est une femme et apte à procréer, car on a eu ses règles, on se rend alors compte qu’une grande petite fille peut potentiellement avoir un enfant.

On est pubère très jeune et on peut avoir un enfant. La vraie question, c’est qu’elles ne sont pas psychiquement prêtes à avoir un enfant mais c’est un fantasme qui persiste à l’adolescence, une rêverie. Et ce n‘est pas la question de savoir avec qui mais plutôt de savoir si je suis capable de tomber enceinte. C’est quelque chose de très œdipien. C’est la réalisation d’un fantasme. Elles ne voient pas la conséquence d’avoir un enfant.

Est-ce une forme de rébellion ?

Le désir inconscient des jeunes filles est d’être autonome. Donc si je suis mère comme ma mère, alors je suis devenue enfin une grande. Au lieu de se rebeller contre les parents elles choisissent ce mode de rébellion. Ça s’inscrit dans des fantasmes, c’est tout de suite et maintenant

La rédaction de La Maison des Maternelles