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Ma vie avec des triplés

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Publié le 16.09.2021 à 16h15 
(mis à jour le 20.09.2021 à 11h40)

Lorsqu’elle est tombée enceinte, Julia était loin d’imaginer qu’elle attendait des triplés.

Le choc de l’annonce

En France, les naissances de triplés sont très rares : entre 150 et 200 par an. Lorsqu’elle tombe enceinte après une stimulation ovarienne, on annonce tout d’abord à Julia et son conjoint des jumeaux, lors de l’échographie de datation. Ce n’est qu’à l’échographie du premier trimestre que le couple va apprendre qu’il n’attend pas 2 mais bien… 3 bébés ! :

« Le médecin commence à regarder, on voit qu’il est un peu circonspect… On commence à s’inquiéter. Il nous dit : « Je vous ai dit qu’il y en avait combien la dernière fois ? Parce que là, il y en a 3… En fait, il y avait 2 bébés dans une poche, et 1 dans l’autre. On a rigolé mais c’était nerveux. Égoïstement, je me demande alors dans quel état je vais finir la grossesse. J’ai aussi pris conscience que ça allait être une grossesse très médicalisée. »

Une grossesse sous surveillance

Une grossesse multiple est en effet plus médicalisée qu’une grossesse simple. Pour Julia, les choses se sont déroulées plutôt simplement, raconte la maman :

« Je n’ai pas eu de complications. J’ai été très suivie. À 29 semaines j’ai tout de même été hospitalisée. On m’avait prévenu que quoi qu’il en soit à 28 ou 29 semaines, je serai là et que je ne bougerai pas, d’office. À ce stade, on a déjà le ventre d’une femme à terme. »

Julia accouche à la 34e semaine et par voie basse, ce qui n’est pas fréquent pour une grossesse multiple. L’accouchement de Julia est déclenché, et Nino, Jules et Tom naissent sans problème :

« Pour le premier, on pousse comme un accouchement normal et le bébé nait. Pour le second, c’est une autre histoire : ils vont le chercher. Le troisième est sorti tout seul, sans pousser, deux minutes après le deuxième. »

Les débuts de la vie à 5

Les garçons étant prématurés, ils restent en néonatalogie, trois semaines pour Nino et quatre semaines pour Jules et Tom. La famille n’a pu être réunie qu’au bout d’un mois. Le couple a dû s’organiser pour gérer les réveils nocturnes de leurs trois garçons, jamais calés en même temps. Julia raconte :

« C’est la logistique avant tout. Les garçons ne mangeaient pas en même temps les 3 premiers mois. Avec mon conjoint on a découpé la journée en shift : on était ensemble de midi à minuit, puis il faisait minuit-6h du matin et je prenais le relai de 6h à midi. Pour qu’on ait au moins 6 heures de sommeil chacun. »

Une vie à 100 à l’heure

Si le couple a pu prendre ses marques, Julia nous confie que la période des 18-36 mois a été la plus difficile. Elle correspond au terrible two mais multiplié par trois, dans le cas de Julia, qui a vécu des situations rocambolesques :

« Il fallait toujours les avoir à l’oeil. Je me souviens d’un soir où j’étais seule avec eux. Tom arrive devant moi, le front en sang car Nino lui avait balancé un dinosaure sur la tête. Je soigne Tom, Nino se plaignait d’avoir mal au nez. Il s’était enfoncé un noyau de cerise dans le nez. »

Compliqué aussi de se ménager des moments de couple, car il est plus compliqué de confier 3 enfants du même âge à l’entourage :

« Avant 2-3 ans c’était compliqué, parfois quand on n’en pouvait plus on déposait les 3 chez les grands-parents, juste pour dormir une nuit. Maintenant qu’ils ont 5 ans, on arrive plus facilement à s’aménager des moments. »

Être parents de triplés ne se résume pas à de la fatigue, c’est aussi une aventure extraordinaire, comme raconte Julia :

« C’est une aventure fatigante, mais très enrichissante. Ca vous pousse dans vos retranchements. Ils ont le même âge, grandissent avec la même éducation, et pour autant, il faut apporter des réponses différentes à chacun. »

La rédaction de La Maison des Maternelles