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Ma fille a des troubles du comportement alimentaire

Publié le 08.12.2021 à 11h56 
(mis à jour le 09.12.2021 à 12h13)

Valérie est la maman de Margaux, 22 ans. À l’adolescence, sa fille a souffert d’anorexie puis de boulimie pendant 6 ans.

Une première phase d’anorexie à 13 ans

Enfant, Margaux était une petite fille heureuse, épicurienne. Elle adorait manger et avait un léger surpoids. C’est vers l’âge de 13 ans qu'elle va montrer des premiers signes d’anorexie :

« À l’âge de 13 ans, elle a rencontré la maman d’une copine nutritionniste qui lui a expliqué que manger trop de sucre n’était pas une alimentation saine. Elle a ensuite fait le carême dans son école. Elle a découvert que quand on ne mange pas de sucreries pendant 40 jours, on perd du poids. À 14 ans, elle avait perdu 10 kg et pris 11 cm. Au début, je n’avais rien vu, mais un soir que je passais dans la salle de bain, j’ai vu le corps de ma fille de dos. Et là j’ai pris conscience qu’il y avait un problème. Elle n’avait plus que la peau sur les os. J’ai pris rendez-vous chez un médecin généraliste qui a dit à Margaux qu’elle devait prendre un peu de poids en un court laps de temps sous peine de se faire hospitaliser. »

La jeune fille réussit à reprendre du poids et retrouve la joie de vivre, jusqu’à ses 16 ans.

Un voyage aux États-Unis et 20 kilos en moins

À 16 ans, Margaux part en échange dans un lycée aux USA. C’est à son retour, 10 mois plus tard, que Valérie réalise que Margaux est retombée dans l'anorexie :

« On avait fait des FaceTime, mais elle grandissait, c’était loin, avec la caméra, on ne se rendait pas compte. J’avais un peu tiqué quand elle m’avait demandé une robe pour Noël en taille S, alors qu’elle faisait du L. Je me disais qu’elle avait dû s’affiner. Elle avait en fait perdu 20 kilos en 10 mois. On a été prévenus par la famille américaine 15 jours avant son retour. Elle se pesait mais avait trafiqué la balance là-bas. »

La phase d’anorexie dure alors plusieurs mois. Puis, les troubles alimentaires étant souvent liés, Margaux passe dans une phase de boulimie :

« Margaux était dans une anorexie de restriction, elle s’affamait. Elle prenait des proportions qu’on donne à un bébé. Pour les crises de boulimie, elle se cachait, on trouvait les emballages sous le lit, elle s’achetait de la nourriture en cachette. Ça a duré plus de 6 mois. »

Des pulsions alimentaires récurrentes

Les crises de boulimie de Margaux se font par cycle. Pendant une période, elle s’affame puis ressent le besoin irrépressible de manger. S’en suivent des périodes de dépression sévères :

« Pendant une crise, elle pouvait manger 2 baguettes avec une plaquette de beurre, 6 yaourts avec du sucre, 2 bananes et elle remangeait le soir à table avec nous. Les crises de déroulaient souvent quand nous étions absents ou le soir dans sa chambre. »

Margaux avoue à sa mère qu’elle ressent un manque de confiance en elle, de l’ennui... Des troubles qui ont eu un impact sur la vie de la famille toute entière :

« Lors de son année de terminale, elle a été déscolarisée, elle est restée 6 mois dans sa chambre. Elle est tombée dans une grande dépression, elle s’est retrouvée isolée. On ne comprenait pas, mais on l’accompagnait. Elle se culpabilisait énormément. Elle dormait pendant 48h après ses crises, c’était terrible. On la voyait en grande souffrance. »

Un protocole pour se soigner

Lors de l’année de ses 18 ans, et après avoir rencontré plusieurs psychiatres, Margaux suit un protocole à l’hôpital Sainte Anne à Paris. À ce moment-là, les troubles alimentaires sont confirmés. Margaux rencontre un psychiatre qui la met en confiance et l’aide à vivre et à se rendre compte que l’anorexie et la boulimie sont des maladies :

« Elle a pu mettre des mots sur ses pathologies. Car on parlait de l’anorexie mais on ne savait pas vraiment ce que c’était. Elle s’est rendue compte que c’était grave, qu’on pouvait en mourir, qu’il y avait d’autres filles de son âge encore plus malades qu’elle. Elle a pris conscience que c’était une maladie. Une maladie très grave. »

Avec ce psychiatre, des suivis réguliers et un traitement, Margaux sort progressivement de son mal être. Elle décide de renouer avec le monde extérieur. Aujourd’hui, Margaux va beaucoup mieux et sa mère est très fière de sa fille :

« Elle a refait son CV toute seule, trouvé du travail. Elle est très volontaire. Elle s’est refaite une vie sociale. Elle a repris des études, elle cherche sa voie. Elle semble heureuse, elle est pleine de vie. Il y a parfois encore des crises de boulimie. Mais on est là pour l’aider et l’accompagner. »

La rédaction de La Maison des Maternelles