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Ma belle-mère est trop envahissante

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Publié le 17.12.2020 à 11h53 
(mis à jour le 04.01.2021 à 09h26)

Caroline Kruse, conseillère conjugale et familiale, auteure du livre Il faut qu’on parle aux éditions du Rocher, décrypte pour LMDM les relations entre une belle-fille et sa belle-mère à l’arrivée d’un bébé.

LMDM- Pourquoi à l’arrivée d’un bébé, les relations peuvent devenir compliquées entre la mère et sa belle-mère ?

Caroline Kruse - Il y a toujours un peu d’ambivalence entre belle-fille et belle-mère. Il y a de la jalousie et de la rivalité. La mère étant le premier objet d’amour du fils. Il y a l’idée que le fils a quitté sa mère pour une autre femme. Il arrive aussi que la belle-fille joue un rôle dans cette rivalité avec une peur de trahir sa propre mère si elle noue des liens trop proches avec sa belle-mère ou encore en reportant sur sa belle-mère une agressivité qu’elle n'ose pas exprimer à l'égard de sa propre mère.

Lors d’une grossesse, quelle place donner à sa belle-mère quand on souhaite partager plus de moments avec sa propre mère ?

On est plus proche de sa propre mère que de sa belle-mère, sauf cas rare. Mais il faut faire un effort pour lui donner une place, maintenir un équilibre entre les deux grand-mères pour éviter d’éventuelles jalousies entre elles. On peut essayer de la solliciter un peu pour lui montrer qu’elle a une place. La grossesse est un moment très intime et ce n’est pas si facile à partager. Peut-être que ce sera plus facile d’accorder un temps à sa belle-mère quand l’enfant sera né.

Pourquoi est-il difficile de poser des limites à sa belle-mère ?

Poser des limites, ce n’est pas si facile. Il faut le faire sans avoir l’air agressif. Mieux vaut ne rien dire sur le moment, ne pas rentrer dans le conflit et utiliser le principe du « merci positif ». Face aux remarques désobligeantes, on peut répondre quelque chose comme « tiens, c'est une bonne idée, je vais essayer », quitte à faire exactement le contraire dès qu’elle sera partie. Pour la belle-mère, c’est souvent une manière (certes maladroite) de vouloir se rendre utile. D’où l’intérêt de considérer l'intention et de ne pas trop s’agacer du contenu. 

Quand la relation devient trop tendue qui doit intervenir ? Le conjoint ?

Dans un premier temps, il vaut mieux en parler avec son compagnon, en lui demandant de l’aide. Si on lui demande d’intervenir il risque d’être pris dans un conflit de loyauté. Mieux vaut aussi dire : « J’ai du mal quand ta mère m’aide avec le bébé. », plutôt que : « Ta mère est pénible ». Car même si lui aussi trouve qu’elle est envahissante, il ne va pas aimer l’entendre de la bouche de sa femme. Donc mieux vaut lui soumettre son propre embarras : « Je ne me sens pas légitime pour m’occuper de notre bébé quand ta mère est là. J’ai l’impression qu’elle trouve que je ne suis pas une assez bonne mère. Comment faire ? Tu la connais mieux que moi. Qu’est-ce que tu ferais à ma place ? » Il faut l’associer à son embarras et lui demander son aide.

Le mari interviendra auprès de sa mère, s’il y a vraiment beaucoup d’agressivité, ouvertement exprimée, il devra mettre des limites, en disant à sa mère que ça lui fait de la peine, qu’en attaquant sa femme, elle l’attaque lui, elle attaque son choix.

Que faire si la relation trop tendue avec sa belle-mère a des répercussions sur le couple ?

Si c’est un sujet de tensions graves dans le couple, c’est que quelque chose dysfonctionne et je pense que cela peut être intéressant d’aller voir un thérapeute de couple. Il ne s’agit pas d’une longue analyse, ça peut se régler en quelques séances. On va travailler sur les représentations qu’on a de soi, de l’autre, de la mère, de la belle-mère. En parler à un tiers, permet de mieux se comprendre. Le thérapeute, c’est comme un traducteur, il va pouvoir reformuler sans blesser l’autre, sans que ce soit perçu de manière agressive.

La rédaction de La Maison des Maternelles