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Les maternités rouvrent progressivement aux accompagnants

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Publié le 28.04.2020 à 11h52 
(mis à jour le 29.04.2020 à 08h33)

En raison de la crise sanitaire, les accompagnants ne pouvaient qu'assister à l'accouchement et aux 2 heures qui suivent. Le CNGOF a publié des recommandations pour leur permettre d'être présents durant le séjour à la maternité en respectant les mesures barrières et en fonction des conditions locales de l'établissement. 

Ils n’y croyaient plus. Marie et Gautier doivent accueillir leur premier enfant le 3 juin prochain. Mais depuis la survenue de la crise sanitaire et l’interdiction des visites dans les services hospitalier, le couple s’était fait une raison, comme se souvient la future maman :

« Depuis le début du confinement, dans notre maternité les papas ne pouvaient assister qu’à l’accouchement, rester 2 heures puis partir. C’était une grosse angoisse pour nous. J’ai beaucoup pleuré. Lorsque nous avons préparé la valise pour la maternité on a pris conscience qu’on ne pourrait pas vivre cette naissance comme on l’avait projetée et c’était vraiment difficile. Du coup il fallait se préparer psychologiquement et relativiser au maximum. On s’est tellement préparé que lorsque la date du 11 mai a été annoncée comme le début du déconfinement, on n'a même pas osé espérer que les règles dans les maternités s’assouplissent. »

Mais lundi 27 avril, le Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF) a publié ses recommandations quant au maintien de l’interdiction à l’accompagnant d’être présent pour les suites de couches :

« Si cette décision semblait acceptable au moment le plus aigu de la crise sanitaire, il apparaît aujourd’hui difficile, alors que se prépare le déconfinement et que la situation s’est stabilisée avec une circulation moindre du virus, de garder la même doctrine. »

Le CNGOF s’est donc prononcé en faveur de la présence du père ou de la mère « aux consultations indispensable, lors des échographies, à l’accouchement ou lors du séjour en post-partum en fonction des conditions locales ».

Dans la maternité du docteur Joëlle Belaisch-Allart, gynécologue-obstétricienne et cheffe de service au centre hospitalier des Quatre-Villes à Saint-Cloud, les accompagnants sont donc à nouveau acceptés mais à certaines conditions, comme elle le rappelle :

« Il faut que l’on donne des masques à la patiente et à l’accompagnant qui doivent alors comprendre que quand ils sont tous les 2, ils peuvent faire ce qu’ils veulent, mais dès qu’il y a un membre du personnel qui rentre, il faut le porter. Et qu’il n’est plus question, comme avant, d’aller se promener à la machine à café, descendre acheter un sandwich… Malheureusement on reste dans une situation dans laquelle tout le monde doit jouer le jeu pour que l’on puisse avoir la possibilité de réintroduire l’accompagnant. Et que le père assiste à la naissance et soit là après. Car c’est fondamental ! »

Si les recommandations du CNGOF encouragent à réintroduire l’accompagnant auprès de la mère et de son bébé, il faut cependant être conscient que cela ne pourra être valable dans toutes les maternités de France. Ce sera progressif, et en fonction, dans un premier temps des conditions locales. Par exemple il faut que les chambres disposent de leur propre cabinet de toilettes pour pouvoir accueillir un accompagnant.

Heureusement pour eux, la maternité de Marie et Gautier peut accueillir les accompagnants. Le couple a appris la nouvelle vendredi 24 avril. Le même jour, Gautier célébrait ses 30 ans. Il raconte :

« Alors que je suis en train de faire un apéro par Skype pour fêter mes 30 ans, Marie m’appelle dans la chambre : "J’ai un autre cadeau d’anniversaire", me dit-elle les larmes aux yeux. Puis elle me tend son téléphone et le site internet de la maternité apparaît. Je comprends tout de suite. Les règles ont changé. Nous allons pouvoir vivre beaucoup plus sereinement la naissance de notre petit bout. Quel bonheur ! Raison de plus pour boire un verre, le jour de mes 30 ans. »

La rédaction de La Maison des Maternelles