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« Les féminicides sont l’affaire de toutes et tous »

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Publié le 15.10.2019 à 13h26 
(mis à jour le 22.10.2019 à 10h35)

Chloé Madesta, activiste féministe dénonce les trop nombreux meurtres de femmes par leur conjoint. Plus de 110 depuis janvier 2019.

« Janice poignardée », « Salomé battue à mort », « Euphémie tuée par balle » : Chloé Madesta est une activiste qui dénonce le trop grand nombre de féminicides en France. Quand elle évoque ces prénoms, elle rappelle des histoires, celle notamment de Janice, 30 ans, qui a reçu un coup de couteau dans le cœur vendredi 20 septembre à Maisons-Laffitte. Coup porté par son mari en présence de leur petite fille de 18 mois.

L’histoire aussi de Salomé, 21 ans, qui a été battue à mort puis déposée sous un tas d’ordures le long de la voie ferrée à Cagnes-sur-Mer par son petit ami dans la nuit du 30 au 31 août. Mais c’est aussi l’histoire d’Euphémie, 49 ans, qui a été assassinée d’une balle dans la tête par son mari le 20 août avant que ce dernier ne se suicide.

Depuis janvier 2019, plus de 110 femmes sont mortes, tuées par leur conjoint. Des violences conjugales que Chloé Madesta, avec d’autres activistes, a dénoncé début septembre 2019 en collant des affiches avec des messages forts pour « dénoncer l’inacceptable ». La Maison des Maternelles a rencontré la militante au début du mois d’octobre :

« On utilise souvent l’expression : elle est morte sous les coups de son conjoint. Et c’est une expression qui est complètement frauduleuse. Parce qu’elle sous-entendrait que le conjoint a eu un coup de sang et que la mort est quelque part involontaire. Or on se rend compte que dans la plupart des cas ce sont des meurtres qui sont prémédités. Et notamment au moment où la victime décide de quitter son conjoint. »

En placardant des affiches dans des grandes villes comme Paris, Bruxelles, Nantes ou Marseille, le collectif espère faire bouger les choses :

« C’est une façon de redonner leur visibilité à ces femmes qui ont vécu ces violences extrêmement fortes, souvent dans l’ombre. Et de dire au monde ce qui leur est arrivé.

Ce que l’on attend, c’est que la peur et la honte changent de camp. Ce sont les femmes, qui veulent sortir du cycle des violences, qui ont peur et qui ont honte. Ce sont elles qui n’osent pas en parler, qui n’osent pas aller porter plainte, qui n’osent pas se faire entendre parce qu’elles ont peur et qu’elles sont terrifiées.

Nous ce que l’on veut c’est que ce soit les hommes qui violentent et les hommes qui tuent qui aient peur de faire cela et qui soient dans la honte. »

En France 1 femme battue meurt toutes les 48 heures. Des chiffres terrifiants que Chloé Madesta espère voir disparaître :

« Les féminicides ne sont pas l’affaire de toutes, mais l’affaire de toutes et tous. C’est l’affaire de la société.

Nous ce que l’on attend surtout c’est que le politique s’en empare, que le législateur s’en empare. Car il s’agit d’un problème qui est systémique. Le féminicide est juste un visage des multiples formes que peuvent prendre les violences faites envers les femmes. Il faut donc qu’il y ait des lois mais surtout qu’il y ait de l’argent qui soit investi pour y mettre fin. »

à noter

Si vous êtes victime ou témoin de violences conjugales appelez le 39 19, numéro d'écoute national, anonyme et gratuit. Il est ouvert 7 jours sur 7 du lundi au vendredi de 9h à 22h et les samedi, dimanche et jours fériés de 9h à 18h. En cas d'urgence appelez la police ou la gendarmerie en composant le 17 ou le 112, appel gratuit.
La rédaction de La Maison des Maternelles