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« Les enfants issus de couples homoparentaux vont très bien »

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Publié mercredi dernier à 10h36 
(mis à jour aujourd’hui à 17h34)

Nous avons rencontré la députée qui défend le droit à l’accès à la PMA pour toutes.

Laurence Vanceunebrock-Mialon participe à la commission spéciale mise en place pour réfléchir au projet de loi sur la bioéthique.

Et l’élue LREM sait de quoi elle parle : elle est elle-même à la tête d’une famille homoparentale avec ses 4 enfants, 2 filles nées par PMA, puis 2 garçons adoptés au Bresil. Nous l’avons rencontré sur le plateau de la maison des maternelles.

LMDM - Concernant la PMA, qu’est-ce qui va changer, concrètement ?

Laurence Vanceunebrock-Mialon - C’est de pouvoir réaliser en France ce que les femmes lesbiennes ou célibataires font déjà depuis de nombreuses années, en s’exportant à l’étranger pour faire des enfants. Donc dès la promulgation de la loi, à partir de la fin de l’année ou début d’année prochaine j’imagine, elles pourront bénéficier d’une technique médicale (la PMA, procréation médicalement assistée) dont bénéficient déjà depuis toujours les couples hétérosexuels.

Vous êtes maman de 2 filles nées par PMA, une que vous avez portée, et une seconde portée par votre conjointe. Vos droits ne sont pas les mêmes par rapport à elles ?

Non ! Si on fait une photographie à l’instant T de ma famille, je suis la maman légale, on va dire, de la plus grande, mais pour la plus jeune, je n’ai aucun droit sur elle, et réciproquement. Mes 2 garçons [adoptés, NDLR] ont les mêmes droits que l'aînée. Donc au final, dans ma famille, au milieu, il y a une jeune fille qui n’a pas de droit, contrairement à ses frères et sœurs.

Une situation comme cela pourrait changer avec la nouvelle loi ?

Ca va changer pour les enfants à naître. Le problème c’est que faire avec les enfants qui sont nés avant la loi pour le mariage pour tous, et dont les mamans se sont séparées ? Il n’y a pas de dispositif législatif permettant de faire des choses simples. Pour l’instant par exemple, pour les couples homosexuels il faut encore se marier si on veut ensuite adopter les enfants du projet parental. C’est complètement ubuesque !

La Manif Pour Tous menace de retourner dans le rue le 6 octobre prochain, une partie de l’opposition gronde… Que répondez-vous à vos détracteurs et aux français qui auraient peur ?

J’ai envie de répondre à nos concitoyens en les rassurant. Le chiffon rouge agité par La Manif Pour Tous c’est : « Mais qu’est ce qui va advenir de ces enfants nés sans pères ? ». Je voudrais les rassurer : les enfants des couples lesbiens vont très bien. Les enfants issus de couple de papas vont très bien aussi. Il y a beaucoup d’études qui ont été menées et qui prouvent que le développement psychologique de ces enfants est parfait ! Aussi bien que chez les enfants des couples hétérosexuels. Il n’y a aucune crainte à avoir sur le fait d’ouvrir ici en France, sur notre territoire, la PMA a toutes les femmes. D’ailleurs on peut constater dans les pays européens qui l’autorisent depuis de très nombreuses années que la société ne s’est pas effondrée, que les enfants ne sont pas malheureux. Tout va bien pour ces enfants issus de familles homoparentales ! 

Un message à faire passer ?

C’est un message que j’aimerais envoyer au Gouvernement, et notamment à la garde des Sceaux : il serait important qu’on puisse trouver un dispositif -peut-être celui que j’ai proposé à son ministère- pour permettre une filiation complète pour tout ces enfants nés avant 2013 [avant la loi sur la mariage pour tous, NDLR] et dont les parents se sont séparés comme je le disais tout à l’heure. Ça, ça serait vraiment une justice sociale importante : tous les enfants de la République auraient vraiment tous les mêmes droits.

La rédaction de La Maison des Maternelles