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Les bébés prématurés

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Publié le 05.04.2019 à 14h25 
(mis à jour le 19.04.2019 à 10h35)

En France, chaque année, 60 000 enfants naissent prématurés. Cela représente 8 % des grossesses. Des bébés nés trop tôt qui sont hospitalisés pendant des semaines, voire des mois…

Les bébés prématurés : de quoi s’agit-il ?

Tout d’abord, un enfant est considéré comme prématuré s’il naît avant 8 mois et demi de grossesse (soit 37 semaines d’aménorrhée). Mettre un enfant au monde avant terme n’est pas sans risques et sans séquelles pour le bébé.

Les facteurs pouvant mener à un accouchement prématuré sont multiples :

  • L’âge de la mère,
  • Avoir déjà accouché prématurément,
  • Les infections maternelles,
  • Les problèmes de pression artérielle et de diabète liés à la grossesse,
  • Le nombre de bébés attendus,
  • Une dilatation prématurée du col,
  • Le bébé lui-même, s’il est en retard de croissance ou en malformation,
  • Le tabagisme, l’alcool ou la prise de drogue durant la grossesse.

Les 3 types de prématurités

La majorité des enfants prématurés naissent entre la trente-deuxième et la trente-septième semaine de grossesse. Mais certains peuvent voir le jour entre la vingt-deuxième et la vingt-cinquième semaine. Selon le nombre de semaines complétées, les séquelles pour l’enfant à naître seront plus ou moins graves.

Il y a la prématurité moyenne. C’est-à-dire que la naissance a lieu entre la trente-deuxième et la trente-sixième semaine d’aménorrhée (7 à 8 mois de grossesse). En dessous de 35 semaines, le bébé doit être transféré avec la mère dans une maternité de type 2, qui dispose d’une unité de néonatologie. Généralement le nouveau-né va être plus fragile mais il peut rester sur place sous surveillance. Il peut quasiment s’alimenter seul mais il a de la difficulté pour avaler, respirer et téter. Il est très rapidement fatigué.

Ensuite, on trouve la grande prématurité. C’est le stade de naissance entre la vingt-huitième et la trente-deuxième semaine d’aménorrhée (6 à 7 mois de grossesse). Le bébé doit absolument bénéficier de soins particuliers en unité de réanimation néonatale où il est transféré après sa naissance. Le grand prématuré ne contrôle pas bien sa respiration. Il a besoin de recevoir de l’oxygène. Il est placé dans un incubateur car il contrôle moins bien sa température.

Au niveau de son alimentation, il est nourri avec un petit tube qui passe par sa narine ou sa bouche puis est relié à son estomac. Concernant les risques de séquelles, ils sont estimés entre 50 et 80 fois plus élevées chez le grand prématuré que chez un bébé né à terme.

On trouve enfin, la très grande prématurité. C’est-à-dire que le bébé est né avant vingt-huit semaines d'aménorrhée (avant 6 mois de grossesse). Il doit absolument être transféré en réanimation néonatale. Il ne peut ni respirer ni se nourrir seul. On le place donc sous respirateur. Son traitement médicamenteux est lourd. Il peut également avoir beaucoup de problèmes de santé. Si le bébé est né entre 22 et 25 semaines, il est à la limite de la viabilité et peut avoir de lourdes séquelles.

Naissance prématurée : le lien entre les parents et le bébé

Un accouchement prématuré est avant toute chose un choc pour les parents, car les étapes vécues à l’hôpital sont très éprouvantes. En cas de besoin, le couple ne doit pas hésiter à parler de ce qu’ils ressent au médecin, aux infirmiers ou à un psychologue. Les associations de parents de bébés prématurés, comme SOS Préma, peuvent aussi être un soutien conséquent. Catherine Zaoui-Grattepanche, pédiatre ayant exercé en néonatologie, rappelle que les parents sont toujours accompagnés durant cette épreuve :

« Les parents ont forcément peur au début de toucher leur bébé. Il faut qu’ils prennent conscience qu’ils peuvent apporter quelque chose.  Les parents partent du principe que la puéricultrice sait mieux qu’eux. Mais au fur et à mesure ils comprennent leur bébé, connaissent des choses que la puéricultrice ne sait pas car ils auront observé leur enfant. C’est ce que nous faisons, nous aidons les parents à observer leur bébé. Et surtout on les accompagne. Pour le premier peau à peau, on ne va pas laisser la maman seule avec son bébé, pour aller boire un café. Imaginez si ça se met à sonner de partout… On va la préparer, rester là et lui montrer les bénéfices sur le monitoring, et cela va la rassurer. »

En rentrant, chaque jour, à la maison sans leur enfant, le couple peut aussi ressentir un lourd sentiment de culpabilité. C’est pour cela que de plus en plus de structure s’adaptent aux parents afin qu’ils puissent être présents le plus possible dans les premières étapes de vie de l’enfant en néonatologie. Certains services sont ainsi ouverts tous les jours, 24h sur 24. D’autres proposent de prendre en charge les aînés pendant que les parents rendent visite à leur cadet.

Le retour à la maison avec le bébé

Évidemment, pour que les parents puissent rentrer à la maison avec l’enfant, il faut remplir certaines conditions, et surtout, s’assurer que la santé du bébé est plus solide :

  • Il doit peser entre 1800 et 3000 grammes, selon son état de santé.
  • Il doit avoir une maturité respiratoire suffisante.
  • Il faut qu’il puisse boire au sein ou au biberon et prendre 15 à 30 grammes par jour.

Après l’hospitalisation, les bébés prématurés ont souvent besoin d’un suivi médical afin de dépister d’éventuels problèmes de développement et de commencer les traitements nécessaires.

Il faut également noter que seule une minorité d’entre eux aura besoin d’un suivi médical plus long, pouvant aller de quelques mois à plusieurs années.

La rédaction de La Maison des Maternelles