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Parole d'expert

Les allergies alimentaires chez bébé

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Publié le 31.05.2021 à 15h14 
(mis à jour le 01.06.2021 à 10h56)

Le docteur Arnault Pfersdorff nous livre ses conseils en cas d’allergie alimentaire chez le nourrisson.

Comment naît l’allergie ?

« Lorsque l’on commence à faire la diversification alimentaire chez un enfant -au plus tôt à 4 mois- il y a des aliments qui sont plus allergisants que d’autres et l’organisme du nourrisson va réagir en fabriquant des anticorps qui vont se fixer contre ces aliments et qui vont rester en mémoire. Ce qui fait que la fois suivante, quand on donnera au bébé ces aliments, ses anticorps vont agir et vont provoquer une réaction cellulaire en chaîne avec des mastocytes qui libèrent l’histamine. C’est pour cela que l’on utilise des antihistaminiques pour éviter ces allergies. »

Les symptômes

« Ils peuvent être très divers et variés. Le plus souvent, chez le nourrisson, ça va être une peau qui est un peu sèche, un eczéma, des diarrhées, des douleurs abdominales, un enfant agité… »

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Les facteurs de risques

« En général les parents sont un peu sensibilisés à cela quand il y a un antécédent dans la famille. Nous savons par exemple que 3% des adultes montrent des allergies alimentaires, et 8% des enfants. On sait également que 20% des enfants vont développer une allergie si le parent est allergique. Et cela peut rapidement augmenter. Si, par exemple, les deux parents sont allergiques au même aliment le risque que l’enfant le soit aussi peut aller jusqu’à 80%. »

L’évolution de la science

« Il y a encore une dizaine d’années, nous autre pédiatres en France et dans la plupart des pays européens, ne faisions pas plusieurs choses : on n’introduit pas l’œuf avant 18 mois, pas d’arachide avant 2 ans… On attendait avant d’introduire dans l’alimentation des bébés, certains aliments considérés comme très allergisant. Mais depuis des études ont eu lieu en Grande-Bretagne et en Israël qui ont prouvé que les enfants juifs britanniques qui ne mangeaient pas d’arachide développaient beaucoup plus souvent des allergies à l’arachide que les enfants juifs israéliens chez qui l’on intègre l’arachide bien plus tôt dans la diversification alimentaire. Les chercheurs en ont donc conclu que plus tôt on introduisait l’arachide, moins on avait de risques de développer une allergie. Du coup on a adopté cette méthode pour les autres aliments allergisants. »

Que faire en cas d’allergie avérée ?

  • Allergie connue dans la famille

Si le terrain allergène est important chez les parents on va indiquer le bébé vers un allergologue pour qu’il fasse des tests d’allergie.

  • Pas d’allergie connue

En cas de poussée d’eczéma ou peau sèche on va introduire les aliments précocement selon un protocole que l’on connaît bien maintenant, aliment après aliment.

La rédaction de La Maison des Maternelles

Expert

Arnault Pfersdorff

Pédiatre

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