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Le point sur la réouverture des crèches après une semaine

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Publié le 15.05.2020 à 15h08 
(mis à jour le 18.05.2020 à 12h21)

Depuis lundi, de nombreuses crèches ont de nouveau accueilli des enfants. Un retour progressif et sécurisé au maximum par de nombreuses mesures barrières.

Prise de température en arrivant, lavage des mains, masques : les crèches s’adaptent aux nouvelles mesures. LMDM fait le bilan de cette première semaine de déconfinement dans les établissements. 

Le protocole sanitaire : comment ça se passe ?

Elsa Hervy, déléguée générale de la Fédération Française des entreprises de crèches (FFEC), nous fait un point d’étape après cette première semaine de retour en crèche et micro-crèche des enfants : 

« On a eu les règles sanitaires de manière définitive depuis jeudi dernier, mais on ne partait pas de rien car un certain nombre de crèches sont restées ouvertes pendant la crise sanitaire pour accueillir les enfants de soignants. Les règles sont assez basiques, on nettoie encore plus qu’avant : les crèches sont habituées à gérer des épidémies de grippes, de gastro, de varicelles. On désinfecte deux ou trois fois par jour, on aère régulièrement. La grande révolution c’est surtout la répartition des enfants en groupe de 10 qui ne peuvent pas se rencontrer. »

Pour Elsa Hervy, il est important que les professionnels qui travaillent dans les crèches puissent continuer à être dans la bienveillance et le réconfort des enfants. Particulièrement dans une période anxiogène ou les enfants sont plus inquiets. Elle indique que si cela doit passer par des contacts physiques, cela doit pouvoir être fait tout en respectant les consignes de sécurité. Et cela va de même pour les enfants entre eux :

« Jamais nous ne serons en mesure d’interdire à des enfants entre 3 mois et 3 ans de se toucher. Ce n’est pas possible et ce serait extrêmement malsain et insécurisant pour eux. »

Un retour de 35% des enfants 

Pour ce qui est des chiffres de retour en crèche des enfants, la déléguée générale de la FFEC explique qu’environ un tiers des effectifs étaient présents cette semaine : 

« C’est resté assez faible, environ 35% des parents ont répondu positivement pour cette semaine. Une partie des parents a souhaité ne pas remettre tout de suite ses enfants en crèche car le grand ne pouvait pas encore être accueilli à l’école. Une autre partie attendait un peu. Tout le monde est un peu en apesanteur pour cette première semaine et attend de voir comment tout va se coordonner. » 

L’exemple d’une crèche parisienne

Dans la crèche « Les Petits Chaperons Rouges » dans le 13ème arrondissement de Paris, c’est tout un protocole qui est mis en place lorsque les enfants arrivent le matin. Célia Serra, la directrice, nous explique qu’ils ont également dû réduire les effectifs : 

« Habituellement on peut accueillir jusqu’à 86 enfants, là on en accueille qu’une vingtaine environ. Dans chaque espace on peut accueillir jusqu’à 10 enfants maximum et chaque espace a été pensé pour que les enfants puissent manger, dormir, être changés et jouer bien évidemment. »

Concernant les distances entre les enfants, elle reconnaît qu’il est parfaitement impossible de les empêcher de jouer ensemble : 

« La distanciation sociale entre les enfants ce n’est pas possible. On n’empêche pas les enfants de jouer ensemble, ils n’ont pas de caisse de jouets prédéfinie et individualisée. »

Néanmoins ne sont laissés aux enfants que des jouets facilement lavables, en plastique ou en tissus s’ils peuvent être passés à la machine. Plusieurs fois par jour, ces jouets sont désinfectés. Pour ce qui concerne la proximité entre les professionnels et les enfants, c’est là aussi plus une affaire de protection que d’interdit : 

« On continue à faire des câlins aux enfants mais avec toutes les précautions possibles. On porte un masque et on se lave les mains après tout contact rapproché avec un enfant. »

Célia Serra note aussi que les enfants sont dans l’ensemble ravis de retrouver la crèche et leurs amis : 

« La sécurité affective c’est quelque chose de très important aussi, surtout dans une période de crise comme aujourd’hui. »

La rédaction de La Maison des Maternelles