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Le placenta affecté par le tabac, même en cas d'arrêt du tabac avant la grossesse

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Publié le 08.10.2020 à 16h43 
(mis à jour le 12.10.2020 à 16h25)

Selon une récente étude, le placenta conserverait « une mémoire » de l’exposition au tabac, même après l’arrêt de la cigarette.

En France, 17% des femmes fumeuses continuent à fumer pendant leur grossesse, selon une étude publiée dans la revue médicale britannique BMC Medecine. Cette étude française publiée mercredi montre « pour la première fois que la consommation de tabac, même lorsqu’elle est stoppée avant la grossesse, peut avoir des conséquences sur le placenta ».

Les chercheurs ont étudié l’ADN placentaire de plus de 500 femmes, réparties en trois catégories : non fumeuses, ayant arrêté de fumer dans les trois mois précédant la grossesse et continuant à fumer pendant la grossesse.

« Une mémoire épigénétique de l’exposition au tabac »

Les risques du tabagisme pendant la grossesse sont multiples : décollement placentaire, placenta praevia ou encore accouchement prématuré. De plus, « la santé respiratoire, le développement neurologique et le cancer de l’enfant » sont sévèrement impactés en cas de non-arrêt de la cigarette pendant la grossesse.

Même en cas d’arrêt avant la grossesse, les conséquences néfastes sont nombreuses. En cause, le placenta garde « une mémoire épigénétique de l’exposition au tabac » alors qu’il joue un rôle crucial dans le développement du fœtus.

L’épigénétique, qu’est-ce que c’est ?

Quand la génétique étudie les gènes en eux-mêmes, l’épigénétique étudie l’utilisation de ces gènes par les cellules. Si la séquence ADN n’est pas impactée, la façon dont les gènes s’expriment peut être affectée. En d’autres termes, l’alimentation, le stress et donc le tabagisme modifient l’utilisation des gènes par les cellules.

Si les femmes ayant arrêté de fumer sont moins touchées, elles ne sont épargnées. Au total, les chercheurs ont observé que 178 régions du génome placentaire présentent des altercations « épigénétiques » chez les fumeuses, et 26 chez les anciennes fumeuses. Parmi ces régions, « une partie d’entre elles étaient situées sur des gènes connus pour avoir un rôle important dans le développement du fœtus ».

La rédaction de La Maison des Maternelles