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La procréation médicalement assistée (PMA)

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Publié le 02.04.2019 à 19h05 
(mis à jour le 09.04.2019 à 12h15)

La PMA est une aide aux couples qui souffrent d’infertilité. FIV, insémination artificielle ou accueil d’embryon : les techniques permettent, chaque année, à près de 24 000 enfants de naître.

Qu’est-ce-que la PMA ?

Le 25 juillet 1978, Louise Brown vient au monde au Royaume-Uni. Sa naissance va signer le début d’une révolution pour des milliers de couples. Conçue par fécondation in vitro (FIV) cette petite Britannique est le premier « bébé éprouvette » au monde. C’est le lancement de la procréation médicalement assistée (PMA). Cette terminologie concerne, aujourd’hui, un ensemble de techniques médicales qui peuvent être proposées à des couples qui ont des difficultés à avoir un enfant naturellement.

En France, en 2018, 1 enfant sur 30 (soit 3,4 %) est conçu par une technique d’aide à la procréation, comme le rappelle l’Institut national des études démographiques (Ined). Les chances de grossesse varient de 10 à 22 % selon la technique et le profil de la patiente, comme l’explique l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm).

À qui s’adresse-t-elle ?

La PMA, en France, s’adresse exclusivement aux couples hétérosexuels. Ils peuvent être mariés, pacsés ou en concubinage et doivent être en âge de procréer (la limite est fixée à 43 ans pour les femmes) pour pouvoir y avoir accès. 

Les personnes célibataires et les couples de femmes n’ont pas accès à l’aide à la procréation. Pour bénéficier d’une PMA, le couple doit se trouver dans une de ces situations :

  • L’un des deux conjoints est porteur d’une maladie grave qui est susceptible d’être transmise à son enfant ou à son partenaire.
  • Le couple (ou l’un des deux conjoints) présente une stérilité ou une infertilité pathologique médicalement constatée par un bilan d’infertilité. L’Inserm rappelle qu’environ 10 % des couples sont infertiles en France.

Le couple doit ensuite consulter un médecin ou une équipe médicale spécialisée en fertilité afin d’avoir plusieurs entretiens, qui vont porter sur les motivations des futurs parents, et permettre de les informer sur les techniques mises à leur disposition et les conséquences qu’elles peuvent avoir. 

Les conjoints ont ensuite un délai de réflexion d’un mois, qui peut être porté à 2 mois s’il a émis le désir d’être aidé dans cette décision par un psychiatre ou un psychologue. Passé ce délai, il doit, si c’est son choix, confirmer sa demande par écrit auprès du médecin.

Les différentes techniques

  • FIV

La fécondation in vitro est, désormais en France, la technique la plus utilisée, vu qu’elle représente 70 % des enfants conçus par PMA, comme l’indique l’Ined. Une FIV se déroule en laboratoire. Là, un spermatozoïde est directement injecté dans l’ovule pour former un embryon qui sera ensuite transféré dans l’utérus de la mère.

  • L’insémination artificielle

La fécondation a lieu normalement à l’intérieur du corps de la femme. L’insémination artificielle consiste à déposer les spermatozoïdes dans l’utérus pour faciliter la rencontre avec l’ovule. 

  • L’accueil d’embryon

C’est la technique la moins utilisée en France. Elle représente 0,01 % des naissances issues d'une PMA, soit 25 à 30 enfants chaque année, selon l'Ined. Elle s’adresse aux conjoints qui présentent chacun un problème de stérilité ou un risque de transmission d’une maladie génétique au bébé. L’embryon d’un couple de donneurs anonymes est alors transféré dans l’utérus de la maman.

Comment est-elle prise en charge ?

Tous les actes de PMA sont pris en charge par l’Assurance maladie, avec un maximum de :

  • une seule insémination artificielle par cycle, avec un maximum de six pour obtenir une grossesse ;
  • quatre tentatives de fécondation in vitro pour obtenir une grossesse.

La PMA pour toutes

La procréation médicalement assistée est interdite en France aux femmes célibataires et aux couples homosexuels. Ces derniers doivent donc se tourner vers l'étranger pour essayer de concevoir un enfant, par PMA ou GPA (gestation pour autrui)

C'est le parcours d'Amélie et Annick : les deux femmes, mariées, ont pu avoir accès à la PMA en Espagne. C'est Annick qui a porté leur bébé, suite à une insémination artificielle. Mais pour ce couple, avoir recours à la PMA demande un gros investissement, psychologique, mais aussi financier, comme l'explique Amélie :

« Une insémination artificielle, c'est 1500€. Donc il faut avoir conscience, qu'avoir recours à la PMA, pour un couple de femmes en France, ça a un coût financier. »

Une situation qui pourrait évoluer. Le gouvernement a annoncé, début mars 2019, que le projet de loi de bioéthique, qui doit étendre l'accès à la PMA aux femmes seules ou en couple, devrait être discuté dès cet été en Conseil des ministres.

à noter

La PMA peut être un parcours long et difficile pour les futurs parents. N'hésitez pas à vous faire aide par un psychologue si vous ressentez des difficultés. Il existe aussi de nombreuses associations vers lesquelles vous pouvez vous tourner, comme MAIA ou le collectif BAPM.
La rédaction de La Maison des Maternelles