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La précarité menstruelle : quand tampons et serviettes coûtent trop cher

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Publié le 11.12.2019 à 11h26 
(mis à jour lundi dernier à 17h55)

En France, 1 femme sur 10 renoncerait à changer régulièrement de protection hygiénique par manque d'argent... La précarité menstruelle est un vrai problème de société qui touche, en particulier, les étudiantes. 

« J’ai déjà demandé de l’aide à ma mère pour acheter mes serviettes ou mes tampons. » « Quand on regarde les prix des serviettes hygiéniques on favorise le moins cher. »… À la sortie de la faculté de Lille, nombreuses sont les étudiantes qui témoignent d’un mal silencieux et invisible : la précarité menstruelle.

Avec des petits revenus, des frais de logement, de bouche… Il devient compliqué pour de nombreuses jeunes femmes d’inclure dans leur budget mensuel l’achat de serviettes hygiéniques, ou de tampons. Un constat qu’a pu dresser Sandrine Rousseau, vice-présidente de l’université de Lille :

« J’ai été très surprise du nombre d’étudiantes qui nous on dit : "Les jours de règles abondantes il y a des fois où je loupe les cours parce que je n’ai pas de quoi me protéger suffisamment et que le papier toilette ça ne suffit pas." Moi je ne peux pas accepter ça, c’est pas possible. Dans une université on doit donner la même chance à tout le monde de suivre les cours et donc d’avoir l’examen à la fin. »

Alors pour lutter contre cette précarité, l’université a installé des distributeurs gratuits, dans ses locaux, de serviettes et tampons. Une décision accueillie avec soulagement par Valentine, étudiante en lettre classique :

« Les protections hygiéniques peuvent représenter 2, 3 voire 4 repas du midi que l’on prend à la fac sur 1 mois. Donc savoir que l’université est un lieu où l’on n’a pas à subir cette précarité, rend les études tout de suite plus agréables et plus faciles. »

D’autres facultés ont déjà adopté cette initiative, comme celle de Rennes 2 et Roubaix. Mais pour Sandrine Rousseau, cela n’est pas encore suffisant :

« Dans les toilettes des collèges, des lycées, et des universités, on doit avoir des distributeurs gratuits. C’est ça la solution idéale. C’est-à-dire que ça fait partie de la condition indispensable pour suivre des études. »

Les souhaits de la directrice pourraient peut-être devenir réalité. Le 18 octobre 2019, la sénatrice LREM Patricia Schilinger a remis un rapport à la secrétaire d’Etat en charge de l’Egalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa. Rapport dans lequel elle recommande la gratuité des protections hygiéniques pour les femmes sans-abris, les femmes incarcérées ainsi que les étudiantes.

L'université de Lille à quant à elle, lancé également une opération de distribution de protections hygiéniques réutilisables. Les étudiantes qui le souhaitaient ont ainsi pu repartir avec des cups menstruelles ou des serviettes hygiéniques lavables. Une aubaine pour Sarah, étudiante en informatique et mathématique : 

« Ce sont des produits que l’on réutilise, qui sont bons pour nous. Donc pour moi c’est tout bénef' ! Parce que je sais qu’il y avait déjà des distributions gratuites de serviettes hygiéniques jetables, mais avec tous les produits qu’il y a dedans, ça m’enchantait un peu moins. »

La rédaction de La Maison des Maternelles